Audiences du BAPE sur le REM : Un projet de transport collectif porteur qui doit être réalisé pour et avec la collectivité

Dans son mémoire conjoint déposé cet après-midi devant le Bureau d'audiences publiques sur l'environnement (BAPE), l'agglomération de Longueuil et le Réseau de transport de Longueuil (RTL) se sont dits favorables au projet de Réseau électrique métropolitain (REM), mais attendent des réponses précises de la Caisse de dépôt et placement du Québec à certaines de leurs questions touchant notamment le financement des coûts d'immobilisation et d'exploitation.

« Nous souscrivons entièrement à un réseau de transport collectif moderne qui répondra aux besoins de la grande région métropolitaine exprimés depuis 40 ans. Il s'agit d'une vision d'avenir qui s'inscrit parfaitement dans les orientations de l'agglomération de Longueuil qui a fait de l'électrification des transports une priorité. La mise en place d'un tel projet soulève toutefois des enjeux financiers, de congestion et de respect de la planification du territoire qui toucheront directement les 420 000 citoyens de l'agglomération de Longueuil. À l'image du gouvernement du Québec qui considère maintenant les villes comme un véritable gouvernement de proximité, nous souhaitons être un partenaire à part entière de l'élaboration du REM », a affirmé la mairesse de Longueuil, Caroline St-Hilaire.

Non à la captation de la plus-value foncière
Dans leur mémoire, Longueuil et le RTL s'opposent au mode de financement par la captation de la plus-value foncière sur les investissements qui découlera de la venue du REM selon la version actuelle du projet de la Caisse. En effet, la captation de la plus-value foncière générerait 350 M$ dans son ensemble, dont une très grande partie proviendrait du territoire de l'agglomération de Longueuil qui n'accueillera que 3 des 24 stations projetées.

« Le mode de financement proposé est clairement inéquitable pour l'agglomération. L'arrivée du REM augmentera les besoins en services aux nouveaux résidents et commerces qui s'installeront à proximité du tracé. Les sources de financement des villes étant limitées, cela nous priverait de sommes importantes dont nous aurons besoin pour l'ajout de services aux citoyens, comme la police, la sécurité incendie, ou encore la gestion des eaux. Les revenus iront ailleurs alors que nous devrons assumer les coûts. Le gouvernement et la Caisse doivent trouver un mode de financement plus approprié », explique la mairesse Caroline St-Hilaire.

Des enjeux de congestion
Le RTL et l'agglomération de Longueuil soulèvent par ailleurs la problématique de la congestion sur le boulevard Taschereau et le segment de l'autoroute 30 situé entre les autoroutes 10 et 20. Aux heures de pointe, ce sont 2 importants secteurs de congestion où des stations seraient implantées pour accéder au REM.

Cette congestion risque en effet de décourager les futurs usagers, de sorte qu'il est prioritaire que l'autoroute 30 soit élargie pour accueillir des voies réservées au transport collectif et aux véhicules à haut taux d'occupation. Quant au boulevard Taschereau, il doit être transformé en véritable axe de transport collectif structurant, en interconnectivité avec le REM et la station de métro Longueuil–Université-de-Sherbrooke.

Dans leur mémoire, la société de transport et l'agglomération soulèvent aussi l'importance de financer adéquatement un service d'autobus à haute fréquence vers le REM et de limiter, pour les futurs usagers, les inconvénients des correspondances entre les autobus et le nouveau réseau électrique.

« On doit planifier l'implantation du REM afin de favoriser la mobilité des futurs usagers. Le meilleur système de transport collectif sera inefficace si son accès est difficile pour les citoyens qui veulent s'y rendre, que ce soit par automobile via l'autoroute 30 ou par autobus », a fait valoir Mme St-Hilaire

« On estime que 3 usagers sur 4 feront dorénavant une correspondance lors de leur parcours et cela ne doit pas devenir un frein à l'utilisation du REM. Il faut par ailleurs que les sommes nécessaires soient disponibles pour continuer le développement notre réseau d'autobus ailleurs sur le territoire et qu'un financement récurrent soit consacré à la gestion de la croissance et des besoins en infrastructures découlant de l'implantation du REM », a ajouté Colette Éthier, présidente du RTL.

Zone agricole – non-respect de la réglementation en place
Au-delà de l'enjeu majeur de l'endroit où sera construite la station terminale, l'agglomération de Longueuil et le RTL enjoignent la Caisse à respecter le zonage agricole en vigueur au sud de l'autoroute 30.

« À ce stade-ci, l'intention d'implanter la station terminale en terre agricole va à l'encontre de la réglementation sur la protection du territoire agricole et des outils de planification du territoire de l'agglomération qui sont tous conformes aux orientations gouvernementales et à celles de la Communauté métropolitaine de Montréal. Il est dorénavant impensable d'implanter des projets sans tenir compte des collectivités locales qui planifient l'aménagement du territoire depuis des années. C'est pourquoi nous offrons notre entière collaboration afin de faire de ce grand projet un succès sur toute la ligne », a conclu Caroline St-Hilaire.