Discours de Caroline St-Hilaire « Vendeurs de rêves : princesses ou victimes ? » prononcé au campus de Longueuil, Université de Sherbrooke, le 8 mars 2011

Seul le discours prononcé fait foi

En ce 8 mars 2011, journée internationale des femmes, la journée est à propos pour parler des combats qu'il nous reste à mener pour l'égalité des femmes… Mais on peut aussi prendre le pari d'être positif et de voir ce que nous faisons de mieux en tant que société et SURTOUT l'encourager.

Voilà pourquoi il est de bon aloi de souligner et mettre en valeur l'initiative qu'est le projet Mobilis, un projet qui vise à aider les jeunes filles aux prises avec le fléau de la prostitution juvénile.

Mais on ne peut passer sous silence les initiateurs de ce projet i.e. Richard Desjardins, Martin Valiquette et Pascale Philibert, ces personnes qui démontrent une empathie admirable pour notre communauté. Je pense aussi à l'Université de Sherbrooke qui s'associe à la démarche et que je remercie publiquement.

Ces gens ont choisi l'action plutôt que l'indifférence. Ils ont cherché des solutions innovatrices à ces problèmes récurrents de notre société. Et leur volonté a porté fruits, leur réflexion créatrice a donné naissance au projet Mobilis, une première au Québec, une approche communautaire originale, une véritable innovation sociale et qui commence à faire école un peu partout.

La Rive-Sud n'est pas à l'abri des phénomènes de gangs de rue et de leur cortège de crimes. Bien au contraire. Et cela ne servirait à rien de se fermer les yeux. Comme élus, nous sommes responsables d'agir pour prévenir et contrer ces fléaux sur notre territoire.

En tant que femme et mère, je suis très interpellée par ces problèmes. C'est pourquoi je suis fière que l'agglomération de Longueuil soutienne financièrement le projet.

En effet, nous n'avons pas le droit de ne rien faire… Dès que nous savons, nous devons agir et soutenir ceux qui ont le courage d'y chercher des solutions concrètes. Les problèmes de prostitution juvénile et de gang de rue ne sont pas populaires — au sens où il n'est pas agréable d'en parler même pour dire qu'on a des solutions. La société préfère souvent les garder cachés, faire comme s'ils n'existaient pas vraiment ou n'étaient pas si importants… Ou encore insolubles, phénomène marginal que nous préférerions tous oublier… Mais oublier a des conséquences. Notre silence a un prix. C'est pourquoi aujourd'hui nous lançons le bon message à toute la communauté en affichant nos couleurs : un bon plan d'attaque, des moyens et une volonté d'agir. Il est temps que ceux à qui profite notre silence, les gangs et proxénètes, sachent que nous ne sommes pas indifférents au sort de leurs victimes. Et ses victimes doivent aussi savoir qu'elles ne sont pas seules. Et que Longueuil, comme ville, comme agglomération se préoccupe sérieusement d'elles.

Je terminerai en disant que personne n'est à l'abri des aléas de la vie. Nul ne sait sur quelle route peuvent parfois aboutir nos enfants malgré tout l'amour que nous avons pour eux.

Porter des jugements de valeur sur les gens est bien la plus stérile des attitudes à adopter. Je préfère et de loin, le courage de nos gens d'action.

Merci !