Allocution de madame Caroline St-Hilaire à l’occasion de la Journée de la Paix le 21 septembre 2012

Seul le discours prononcé fait foi

Faire la paix, c'est aussi la mission d'une ville

La paix,
c'est une notion bien mystérieuse.

C'est comme la beauté,
comme le bien-être,
comme l'amour,
bref, comme tous les états heureux de la condition humaine.

Ces choses sont à ce point difficile à définir,
qu'on a parfois recours à des définitions formulées par la négative.
En effet, chez nous, on ne dit pas qu'une personne est belle
mais qu'elle est « pas laide ».

On ne dit pas que ça va bien,
mais que ça va « pas pire ».
Il en va de même pour la paix.

On a tendance à la définir par la négative,
à la définir comme étant l'absence de guerre,
l'absence de tensions,
l'absence de menaces,
l'absence d'insécurités nationales,
et au pire : l'absence d'horreurs.

Quand on définit la paix comme ça,
par la négative,
c'est aussi factice que si l'on disait qu'un couple est en amour
du seul fait que les conjoints ne s'engueulent pas.

Et on risque alors de succomber à la tentation d'instaurer,
et parfois même d'imposer
seulement les conséquences de la paix,
seulement les signes extérieurs de la paix,
mais sans la paix elle-même,
sans la réalité de la paix,
et surtout sans les causes de la paix
et sans les conditions de la paix.

La répression, par exemple,
en tétanisant tout le monde,
procure les signes extérieurs de la paix,
mais pas la vraie paix.

Les attaques contre la liberté d'expression,
en muselant tout le monde,
procurent elles aussi les signes extérieurs de la paix,
mais pas la vraie paix.

Or la paix, ça ne s'impose pas,
ça ne tombe pas du ciel comme une grâce.

La paix,
ça vient de nous.
La paix, ce n'est pas un état,
c'est une action.
La paix, ça se fait.
« Faire la paix »,
c'est ce qu'il faut faire avant qu'il y ait la guerre,
avant qu'il y ait les tensions,
avant qu'il y ait les injustices,
avant qu'il y ait les famines,
avant qu'il y ait les oppressions et les intolérances.

« Faire la paix »,
c'est bel et bien une action.

Voilà pourquoi je dis que même les pouvoirs municipaux
peuvent « faire la paix ».

Une ville, si on la fait bien,
ça peut devenir un lieu que les familles sont heureuses d'habiter.

Une ville, si on la fait bien,
ça peut créer des lieux et des occasions
où les gens de toutes origines
et de toutes classes sociales ou économiques
peuvent se côtoyer,
se parler,
s'entraider,
se faire plaisir.

Une ville, si on la fait bien,
ça peut inculquer à sa population le respect d'autrui,
de l'âme d'autrui,
de l'intégrité physique d'autrui,
et des biens matériels d'autrui.

Alors pour moi,
et pour Longueuil,
le fait d'accueillir le Marathon Rotary pour la paix,
ça veut dire exactement cela :
ça veut dire que la mission d'une ville,
c'est bien sûr l'asphalte des rues et le bon état des infrastructures,
mais c'est aussi de « faire la paix ».

Alors bienvenue à vous chez nous,
dans notre ville de Longueuil,
mais surtout merci à vous d'être ici,
merci de nous considérer des vôtres,
merci de nous rappeler notre mission,
et faisons ensemble la paix.