Allocution de la mairesse Caroline St-Hilaire lors de la séance du conseil du 7 juillet 2015 sur la langue d’usage au conseil municipal

Madame la Présidente,

Ce soir, je souhaite mettre un terme aux interrogations qui ont fait la manchette depuis quelque temps à propos du statut linguistique et des procédures en vigueur au conseil municipal de Longueuil.

La position de mon administration est la suivante :
la Ville de Longueuil est une ville francophone.

Elle est culturellement francophone depuis le début de son histoire, et elle est juridiquement francophone depuis que le caractère linguistique des villes du Québec est juridiquement encadré.

Le Québec a en effet fait le choix, il y a plus de quarante ans, de faire du français la langue officielle de ses institutions, notamment les municipalités, à quelques exceptions près.

Et Longueuil ne fait pas partie de ces exceptions; en tant qu'institution, sa langue officielle est et demeure le français.

Or, depuis quelques semaines, cette affirmation a malencontreusement déclenché des commentaires et des réactions qui débordent amplement la question purement juridique d'une ville en matière linguistique.

Je dis « malencontreusement » en raison de la vague de menaces, de propos désobligeants, voire de tentatives d'intimidation que cette question a déclenchée.

Là-dessus, je vous assure que rien n'ébranlera la détermination de la Ville de Longueuil – ni la mienne – à faire respecter le statut juridique de Longueuil en tant que ville française.

Par ailleurs, j'ai pu constater par les appuis que j'ai reçus jusqu'ici de la part des citoyens de Longueuil et même de partout au Québec et au-delà de nos frontières que la position de Longueuil en faveur du maintien de son statut français jouit de toute la légitimité nécessaire!

Et je les remercie!

Cela dit, je veux rappeler ce soir, devant vous tous, le fait absolument évident et absolument fondamental que tous les citoyens de Longueuil ont accès à des services de qualité ainsi qu'à de l'information adéquate.

Il n'y a donc aucun citoyen qui ait été privé de service à cause de la langue! Aucun Madame la Présidente!

Et pour ce qui est du litige touchant les procédures du conseil municipal et de nos assemblées délibérantes, la position de la Ville est la suivante : bien que cela ne soit pas interdit par la Charte de la langue française, il n'est pas requis de traduire systématiquement tous les propos et les débats qui ont cours au conseil de ville de Longueuil.

Sur un plan plus général, je dirai qu'il n'est pas pertinent de mettre en danger la paix linguistique que nous connaissons à Longueuil.

Cette paix, elle aussi, relève de la responsabilité des élus que nous sommes. Et notre rôle est aussi de donner l'exemple et de s'assurer que les communications avec la population de notre ville se fassent en français. Il nous appartient d'agir pour assurer un avenir et arrêter le déclin de l'usage du français.

Pour une question si fondamentale, il ne faut surtout pas invoquer le fait que le bilinguisme institutionnel est un «accommodement raisonnable» ou affirmer que ce bilinguisme est nécessaire pour s'assurer que tous comprennent nos assemblées.

Nous en avons la responsabilité, chacun qui siège en ce conseil!

Et quand je dis cela, je ne suis ni raciste, ni anglophobe, ni intolérante, je suis juste fière de cette langue qui n'est ni meilleure ni moins bonne qu'une autre, mais c'est la nôtre, c'est notre vécu. Et bien au-delà des mots, elle est notre réalité que nous devons préserver. Et c'est à nous de nous l'approprier.

Cela dit, s'il devait y avoir un débat sur la question de la langue dans les institutions québécoises, ce serait un débat national, et c'est au sein du gouvernement du Québec qu'il devrait avoir lieu. Pas ici.

Pour ma part, maintenant que les pendules sont remises à l'heure, je souhaite que ce débat soit considéré comme clos à Longueuil.

Merci Madame la Présidente.