Allocution de la mairesse de Longueuil, madame Caroline St-Hilaire, devant la Chambre de commerce et d’industrie de la Rive-Sud le 25 février 2015

MAINTENIR LE CAP

Merci Monsieur Martel.

Trop de gens attendent que les choses s'arrangent sans faire aucun effort pour que ça arrive. Ce n'est pas votre cas. Vous ne cessez de déployer des efforts pour votre ville et pour notre agglo.

Et je vous félicite publiquement.

Pareil comme mon amie Suzanne, mairesse de Sainte-Julie et présidente de l'UMQ, qui a des défis que je sais qu'elle relèvera. Elle peut compter sur mon appui!

Monsieur le président de la Chambre, M. Olivier,

Madame Anglade, présidente-directrice générale de Montréal International,

Invités de la table d'honneur,

Chers élus.

Michel Lanctôt, bon retour!

À vous tous, bonjour!

Je ne sais pas pour vous, mais je pense que le hasard fait parfois bien les choses.

Si j'étais venue vous parler au mois de janvier, il aurait certainement fallu que je m'adresse à vous avec mon casque d'urgence et tout le kit des mesures d'urgence, qui ne m'a pas souvent quitté depuis le début de l'année!

Mais heureusement, nous voici rendus enfin au 25 février et, même si les deux derniers mois ont été un véritable tourbillon, je commence à sentir que le nuage gris qui était au-dessus de la tête de Longueuil est rendu ailleurs…

Je dois par ailleurs vous avouer que je suis un peu superstitieuse; alors ne prenons pas de chance…touchons du bois svp…juste au cas où…

On dit souvent : « Après la pluie le beau temps… »

Et avec tout ce que nous avons vécu, j'ai le pressentiment qu'il fera beau à Longueuil pour un bon moment!

Alors, cela devrait tous nous motiver à maintenir le cap!

Une chose est certaine, les événements nous permettent de prendre conscience de certaines choses…

Par exemple, le déversement survenu à l'usine de filtration nous a collectivement fait prendre conscience, encore davantage, de l'importance de l'eau dans notre vie quotidienne, mais aussi dans celles des entreprises et commerces d'ici… besoin vital pour nos restaurateurs, nos usines de production et de transformation alimentaire.

Nous avons pris conscience de la vulnérabilité de nos réseaux de distribution et de notre prise d'eau au fleuve.

Nous avons pris conscience de l'état de nos équipements qui ont vieilli comme ceux des autres grandes villes du Québec, puisqu'on s'en est presque tous dotés à la même époque.

Et il faut vraiment jouer de malchance lorsque la panne du deuxième moteur de secours, pendant qu'on installe de nouveaux équipements de filtration UV dans nos usines, provoque une chute de pression dans notre réseau, ce qui oblige un avis d'ébullition!

C'est jouer de malchance, lorsque la benne ouverte d'un camion à neige décroche une passerelle piétonne en début de soirée sur la route 132.

Rassurez-vous je ne mettrai pas tout sur le dos de la malchance! Il y a eu des ratés et on va y pallier.

Mais force est de constater que lors de chacun de ces événements, nous avons rétabli rapidement la situation grâce à nos partenaires et, particulièrement, grâce à nos employés et nos différentes équipes sur le terrain à qui je veux rendre hommage via le directeur général de la Ville ici présent aujourd'hui!

Par exemple, on a déblayé et rouvert la 132 à la circulation en un temps, record en pleine nuit, pour l'heure de pointe du matin.

On a distribué des centaines de milliers de litres d'eau embouteillée à des dizaines de milliers de citoyens aux quatre coins de la ville en seulement quelques heures.

Alors, maintenant l'heure est aux bonnes nouvelles et nous allons tourner la page sur le début de l'année 2015.

Mais avant de nous rendre au cœur des bonnes nouvelles, permettez-moi de faire un petit retour en arrière sur ce que vous et moi nous sommes dit depuis la toute première fois que je me suis présentée ici devant vous!

En fait, ce que je retiens, c'est que le travail amorcé tous ensemble, nous permet d'être collectivement, enfin, une voix plus forte dans une grande région métropolitaine, que maintenant nous sommes enfin reconnus au niveau gouvernemental et que finalement nous avons réussi collectivement notre affirmation régionale. Alors, je vous invite à maintenir le cap!

Ensemble, nous avons fait des forums, des sommets, des rencontres privées, on s'est fait un plan de match régional.

Et l'an dernier, je suis venue vous dire : « Maintenant, on le fait! »

Alors me revoici cette année, pour vous dire ce qui s'est fait depuis un an.

Commençons par le secteur de la Place Charles-Le Moyne.

Il y a quelque chose de magnifiquement cohérent qui est en train d'arriver là, quelque chose qui brille par son intelligence, et qui, par conséquent, brille par sa beauté et par son humanité.

Ce projet-là, c'est parfaitement en ligne avec « Longueuil version 3.0 » dont on a parlé ensemble!

D'abord, il y a la future tour SSQ de douze étages commencée en 2014 et qui ouvrira en 2016. Sur le plan architectural, c'est vraiment le 21e siècle!

Ce sera une tour à bureaux, bien sûr, mais ce sera aussi un lieu habitable, ce sera un lieu lumineux autant qu'efficient, un lieu avec une beauté architecturale parfaitement arrimée à la beauté naturelle du secteur…

J'insiste sur « beauté naturelle »… parce que juste à côté, sur les terrains que la Ville possède au bord de l'eau, entre le pont Jacques-Cartier et Roland-Therrien, des terrains où la nature a encore ses droits, il y a le projet Longue Rive.

En juillet 2014, Longueuil et la Société immobilière du Canada ont convenu d'élaborer un plan directeur conjoint.

En vertu de ce plan, le site va combiner résidence, travail, détente, dans un cadre d'une beauté naturelle sans pareille.

Je vous le dis comme je le sens : le projet Longue Rive, comme concept de développement, risque de devenir un modèle, tellement il est splendide et tellement il est exemplaire sur le plan environnemental.

Il redonnera les berges du fleuve aux citoyens!

Ce sera une fenêtre exceptionnelle sur le fleuve.

Les premières consultations débutent sous peu et elles seront menées de façon transparente et inclusive, tout comme nous l'avons fait pour le projet du Quartier Roland-Therrien, dont nous dévoilerons bientôt, l'image de marque.

Faut bien vous garder en haleine un peu… N'est-ce pas?

Et ce n'est pas tout!

Notre centre-ville, notre place d'affaires, c'est la Place Charles-Le Moyne.

C'est notre quartier de vie, d'affaires, de culture et du savoir… Pensons à l'Université de Sherbrooke, au nouvel immeuble Trigone, à l'édifice de la SSQ qui sort de terre, aux immeubles d'habitation, édifices et bureaux adjacents, à l'hôtel Sandman, au métro, à la gare d'autobus de l'AMT, au futur complexe culturel… Tout est réuni pour en faire un réel centre-ville à échelle humaine!

Il y a cependant un hic qui traîne depuis quelque temps… l'édifice du métro…

Il a 40 ans et disons qu'il a besoin d'une attention particulière, qu'il est mûr pour quelque chose de majeur, un projet tourné vers le futur.

C'est ce que nous propose la firme Landmark avec un projet de deux tours résidentielles et à bureaux de 200 M$, dont le conseil de ville a été saisi la semaine dernière.

Je vous présente aujourd'hui les premières images!

20 000 pieds carrés d'occupation au sol et un stationnement étagé… C'est dur d'en faire un souterrain à côté du métro… et des retombées fiscales pour la Ville de plusieurs millions de dollars par année.

C'est un projet réaliste et à la hauteur de nos ambitions. Il va contribuer au maillage du secteur vers la Place Longueuil, vers notre unique et riche rue Saint-Charles ainsi que son quartier patrimonial.

Justement, concernant la rue Saint-Charles, et comme c'est la semaine des bonnes nouvelles… Je suis heureuse de vous annoncer aussi que la firme Boccard a décidé d'implanter une filiale en Amérique du Nord… et c'est chez nous, qu'elle a choisi d'établir son siège social.

Acteur mondial incontournable dans les solutions d'installations industrielles, elle souhaite accompagner les sociétés canadiennes avec des solutions sur mesure. Je les salue d'ailleurs, puisqu'ils sont avec nous ce midi et leur souhaite la bienvenue à Longueuil!

Comme je vous le disais au début de mon allocution, il est rendu ailleurs le nuage gris…

Si on poursuit dans les bonnes nouvelles c'est aussi une entreprise majeure qui va venir installer 800 de ses employés chez nous, à Saint-Hubert, dans un nouveau centre de recherche et développement.

Il s'agit du campus Agropur, dont l'ouverture est prévue pour l'automne.

Et encore une fois, dans ce dossier-ci, Longueuil ne se contente pas de regarder passivement s'empiler les blocs de béton.

Car le développement « intelligent », si on ne veut pas que ça soit juste un slogan, ça doit consister, pour la Ville, à comprendre de quoi les entreprises ont besoin pour se développer, et à tenter de remplir ces besoins.

Réciproquement, le développement « intelligent » ça doit consister, pour les entreprises, à comprendre les besoins de la Ville et à tenter de s'y conformer.

Ce qui se passe depuis un an à Longueuil démontre que le développement peut être énergique et respecter tout ça.

À titre d'exemple, le bâtiment d'Agropur aura seulement deux étages, le stationnement sera souterrain et le caractère boisé des environs sera préservé.

C'est ça, un développement intelligent et c'est bon pour tout le monde, comme ce qui se passe à la Place Charles-Le Moyne, comme ce qui se passe avec Agropur et comme ce qui va se passer à l'aéroport de Saint-Hubert.

Quelques mots justement sur notre aéroport! On peut enfin dire que les chicanes sont maintenant derrière nous.

En novembre dernier, nous avons annoncé qu'un règlement hors cour était intervenu entre les diverses parties impliquées dans les poursuites judiciaires. Cette entente à l'amiable a permis de régler quatre recours judiciaires.

Dorénavant, tous les acteurs impliqués dans le développement de l'aéroport pourront concentrer leurs efforts à la croissance de cet important outil de développement économique pour notre Ville et notre région.

C'est une bonne nouvelle pour la Ville.

C'est une bonne nouvelle pour DASH-L.

Une bonne nouvelle pour les utilisateurs de l'aéroport, mais aussi pour les Longueuillois.

Il ne reste que le recours collectif intenté par des citoyens. Or, les choses progressent.

Toutes les parties impliquées se sont entendues sur les paramètres avec lesquels elles pouvaient travailler. On peut donc dire que ça augure bien!

La zone aéroportuaire pourra désormais atteindre son plein potentiel.

J'entends par plein potentiel la valorisation d'un périmètre de 850 000 m2 qui va prendre vie, qui sera mis en valeur.

J'entends aussi le développement du transporteur régional numéro 1 au Québec, Pascan, qui pourra dorénavant se consacrer à son expansion à partir de Saint-Hubert.

Nous allons nous y atteler avec toute notre passion, comme ce fût le cas à une autre échelle pour le développement du récent Marché public.

Le Marché public, un projet parti de presque rien en 2012, mais initié par la Ville et les partenaires agriculteurs. Le Marché est aujourd'hui un lieu fonctionnel, mais surtout un endroit séduisant.

C'est économiquement intéressant et sur le plan plus large de la qualité de vie, c'est clair que la présence d'un marché public en zone urbaine, c'est la bouffée permanente de nature, qui rend la vie plus agréable… ce qui rend la ville plus attractive.

Bref, le marché, c'est beau… et c'est stratégique, car ça donne à nos résidents actuels et aux résidents que nous voulons aller chercher, une raison de plus d'aimer Longueuil.

Je vais clore mon tour d'horizon du « Longueuil version 3.0 » par un grand saut vers l'avenir.

Longueuil doit davantage s'ouvrir au commerce extérieur, le Québec prend ce cap, nous aussi!

Nos principaux axes en développement des transports électriques nous mènent directement chez nos voisins américains, c'est pourquoi j'ai rencontré la consule américaine, Mme Nina Fite, qui veut intéresser nos entreprises à commercer avec les USA.

J'envisage donc une mission d'ici la fin de l'année dans le secteur de l'électrification des transports, qui est nettement le prochain développement industriel majeur.

Et dans ce domaine, l'agglomération devait faire son lit, et elle l'a fait.

Elle se positionne comme territoire de prédilection pour le développement, l'attraction et le déploiement des nouvelles technologies du secteur de l'écomobilité, de l'électrification des transports et des activités industrielles qui s'y rattachent.

D'ailleurs, j'ai le plaisir de vous annoncer que nous avons conclu une entente avec le Pôle d'excellence en transport terrestre. Il implantera une antenne, ici, dans notre agglomération!

Cette alliance nous permettra de travailler en étroite collaboration afin de stimuler la mobilisation, la compétitivité, le rayonnement et la croissance de l'industrie des transports terrestres, bien présente chez nous.

Mais surtout de stimuler la filière de l'écomobilité.

Dans cette perspective, on a décidé de soutenir une entreprise de Longueuil, Lito Green Motion, la première au Canada à concevoir une nouvelle génération de motos électriques, des motos écologiques, maniables, performantes et rapides.

La version policière de cette moto sera donc développée, ici, chez-nous. Elle roulera ici chez-nous et elle sera encore plus performante que la version grand public!

Je ne m'engage pas à faire l'essai routier du prototype… mais je vais certainement accepter de couper le ruban.

J'espère que ce tour du jardin de notre développement économique courant, avec les quelques exemples que j'ai cités, démontre non seulement que la synergie régionale est notre passeport vers la prospérité, mais que l'outil que nous avons pour susciter cette synergie, à savoir l'agglomération telle qu'elle existe, est le bon outil.

Une autre preuve de ça, mais sur un tout autre plan, c'est que sans les ressources diverses des villes de l'agglo, sans la variété des sites de l'agglo, sans le grand nombre de bénévoles dans chaque ville de l'agglo, la tenue des Jeux du Québec, l'été dernier, n'aurait jamais eu la qualité qu'on lui a vue. Jamais.

L'agglo, telle qu'elle existe, constitue un atout, c'est clair, et on ne doit pas perdre son temps à revenir là-dessus.

Il faut surtout chasser toute nostalgie passéiste, toute envie de régresser au « bon vieux temps » de la fragmentation politique, du « chacun dans son coin », du « chacun pour soi », du « on était tellement bien avant ». On n'était pas « tellement bien avant ».

Avant, on était dans l'ombre!

Maintenant, avec l'agglo de Longueuil, on a une dynamique gagnante.

Comme agglomération, on s'en va dans la bonne direction stratégique, au profit de tout notre monde, au profit de toutes nos entreprises, dans toute l'agglo.

S'il y a des choses à clarifier entre les partenaires ou des conflits à résoudre, ça peut – et ça doit! – se faire à ciel ouvert.

La politique c'est l'art du compromis au bénéfice de ceux que l'on représente et que l'on sert!

C'est ce que Pierre Moreau et moi avons réussi à faire. Ensemble.

C'est ce que je souhaite aussi faire avec les maires qui veulent faire fonctionner notre agglomération et la faire prospérer pour le bien de tous nos citoyens!

Une agglomération dynamique et fonctionnelle est un outil essentiel à notre réussite économique.

Les récentes décisions du gouvernement nous forcent à nous prendre en mains. Nous devons travailler ensemble.

Si on doit régler des choses, faisons-le sans que Québec s'en mêle. C'est le principe fondamental de l'autonomie municipale. Pour ma part, je ne reculerai pas!

Par ailleurs, la stratégie budgétaire du gouvernement, avec ses conséquences sur nos outils de développement, l'abolition des Conférences régionales des élus et l'abolition des Centres locaux de développement, nous ont aussi obligés à réviser nos propres moyens d'aide au développement économique.

Le développement régional suppose des moyens régionaux aux mains des institutions régionales, et au bénéfice des entrepreneurs régionaux.

Par conséquent, dans les prochains mois, l'organisme Développement économique Longueuil fera place à un nouveau regroupement, plus souple et plus polyvalent.

Pour moi, ce nouveau contexte constitue une opportunité pour se donner des outils encore mieux adaptés à notre réalité et à notre vision.

Pour se donner des outils pour soutenir la croissance de nos entreprises, au meilleur coût qui soit.

On fait aussi vite qu'on peut.

Le projet de loi du gouvernement sur le développement sociologique économique régional devrait être adopté d'ici juin!

En conclusion, j'aurais certainement souhaité ne pas avoir à vous parler des intempéries que nous avons rencontrées. Mais je me dis que c'est dans l'adversité qu'on identifie ceux qui méritent de gagner.

Cela dit, ce que je sens ces temps-ci dans la population, et que j'ai souhaité vous transmettre aujourd'hui, c'est un parfum de confiance en nous, de confiance en l'avenir de la ville, de confiance en la capacité de la Ville de bien se diriger.

Je l'ai senti nettement quand j'ai vu lever les projets dont j'ai parlé tantôt.

Je l'ai senti aussi à travers la patiente sagesse de nos gens, quand nous avons eu nos récents problèmes d'eau.

Alors il est de mon devoir de stimuler la confiance au virage que Longueuil a pris, dans l'espoir que vous y anticiperez votre propre prospérité, d'où résultera la prospérité de toute la collectivité et une plus belle vie pour tout le monde.

Ça m'amène à penser qu'il y a tout lieu de persister, qu'il y a tout lieu de maintenir le cap…et je vous en remercie.