Allocution de la mairesse de Longueuil, madame Sylvie Parent, devant la Chambre de commerce et d’industrie de la Rive-Sud 2018

« Au cœur d'une région qui s'affirme »

Je m'adresse à vous pour la 1re fois en tant que mairesse de Longueuil dans le cadre de ce qui est maintenant devenu une tradition à la CCIRS.

Évidemment, la plupart d'entre vous me connaissent. Vous avez pu assister, au cours des derniers mois, aux péripéties auxquelles j'ai été confrontée et aux enjeux auxquels j'ai dû faire face. Vous savez maintenant que j'ai la couenne dure!

Aujourd'hui, je suis ici, devant vous, bien en selle, déterminée à donner un nouveau souffle non seulement à Longueuil et à l'agglomération, mais aussi à notre grande région.

Mais parlons d'abord de Longueuil.

En tant que mairesse de la 5e ville en importance au Québec, mon travail, au fond, n'est pas si différent du vôtre. Ma réalité quotidienne ressemble en effet très souvent à celle d'un chef d'entreprise.

Longueuil, c'est un budget annuel de plus de 400 millions de dollars.

C'est offrir à une clientèle de plus en plus exigeante, c'est-à-dire aux citoyens, une multitude de services : le déneigement, la collecte des ordures, l'alimentation en eau, les bibliothèques, les arénas, les parcs et j'en passe.

Pour être en mesure de dispenser ces services, comme vous, dans vos entreprises, je dois évidemment envoyer une facture à mes clients. Ça s'appelle un compte de taxes.

En 2018, grâce à l'excellente santé financière de Longueuil et à la gestion rigoureuse des dépenses municipales au cours des huit dernières années, nous avons réussi à ne pas hausser le fardeau fiscal de nos concitoyens.

L'augmentation du compte de taxes pour une propriété unifamiliale moyenne cette année est donc de 0 %. Comme l'an dernier, le compte de taxes moyen reste stable à 2 590 $, soit 216 $ par mois.

En comparaison, saviez-vous que la facture d'électricité annuelle d'une habitation unifamiliale se chauffant à l'électricité atteint en moyenne 2 750 $, c'est-à-dire 229 $ par mois?

Pour les services de télécommunication, c'est-à-dire l'internet, la télé, le téléphone et la téléphonie sans fil, la facture annuelle d'une famille peut atteindre plus de 3 000 $ par année. On parle de 250 $ par mois.

Comme vous pouvez le constater, considérant l'ampleur des services qu'offre la Ville, la facture à Longueuil est somme toute fort raisonnable. Bref, le prix de tous les services qu'on s'offre monte, mais pas les taxes à Longueuil!

Le coût, me direz-vous, n'est pas l'unique facteur à considérer pour évaluer notre performance. Vous avez raison. Il faut aussi tenir compte de la qualité du service à la clientèle.

De ce point de vue, encore une fois, ma réalité n'est pas différente de celle d'un dirigeant d'entreprise.

Prenons par exemple notre centre de services aux citoyens qu'on appelle le 311. Je suis consciente que notre performance n'a pas toujours été à la hauteur des attentes de la population, notamment en ce qui concerne le temps d'attente.

Mais qui d'entre nous n'a pas connu de situation similaire avec d'autres fournisseurs de services?

Pour une ville, offrir la meilleure qualité de vie à ses citoyens, c'est le cœur de notre mission. C'est pourquoi notre centre de services s'améliore et il continuera de s'améliorer parce que nous en faisons une priorité.

Nous avons recruté, dans le secteur privé, un gestionnaire chevronné et embauché plus de personnel.

Nous avons restructuré notre service et surtout, nous nous sommes fixé des cibles et nous avons élaboré un plan de match pour les atteindre.

Nous recevons annuellement environ 150 000 appels. Il n'y a pas si longtemps, les citoyens pouvaient attendre en ligne jusqu'à 45 minutes et 20 % d'entre eux abandonnaient avant d'avoir une réponse.

Aujourd'hui, la situation a changé drastiquement. Il y a quelques semaines, nous avons atteint les cibles visées, soit moins de 5 % de taux d'abandon et moins d'une minute en moyenne de temps d'attente avant d'être répondu.

En matière de service à la clientèle, la Ville s'est aussi fixé comme priorité d'améliorer le processus d'émission de permis.

Je suis très fière d'annoncer que Longueuil sera, très prochainement, une des premières villes au Québec à rendre accessible un service de permis en ligne 24 heures, 7 jours semaine, et dont le processus sera complètement sans papier, de la demande, à l'émission du permis.

Chaque année, nous recevons entre 6 000 et 7 000 demandes de permis, tous types confondus. Notre cible : traiter 1 500 demandes en ligne dès la première année du projet, soit 25 % des permis émis.

Si l'amélioration du service à la clientèle est une de nos priorités, l'augmentation des revenus de la Ville en est une autre.

Plus des trois quarts de notre financement proviennent de la taxation foncière. C'est pourquoi soutenir le développement économique est vital pour l'avenir de Longueuil. C'est ce qui permet de continuer d'offrir des services de qualité.

Au cours des 3 derniers mois, j'ai eu le plaisir d'annoncer la concrétisation de grands projets pour Longueuil. Je peux vous assurer que ce n'est pas le fruit du hasard.

Au contraire, c'est plutôt le résultat des efforts que nous avons déployés au cours des dernières années pour créer un climat propice aux investissements.

Si Molson, une entreprise établie à Montréal depuis 276 ans a décidé de faire confiance à Longueuil, c'est certainement le signe que nous avons fait ce qu'il faut : en y mettant les efforts requis et en présentant une offre compétitive.

Je suis convaincue que l'arrivée de ce géant de l'industrie brassicole provoquera un véritable effet de levier et que d'autres grandes entreprises suivront le pas prochainement.

Le même principe s'applique avec l'aéroport de Saint-Hubert. Souvenez-vous d'où nous sommes partis en 2009!

Aujourd'hui, avec l'appui de la région et le soutien du gouvernement, nous sommes rendus à l'étape d'implanter une aérogare moderne et fonctionnelle qui nous permettra de mieux accueillir les passagers.

Désormais, nous pouvons véritablement aspirer à devenir la plaque tournante du transport aérien régional au Québec.

Nous devenons aussi l'endroit tout désigné pour accueillir un centre d'entretien et de révision d'aéronefs de classe mondiale.

Et que dire du développement de la Place Charles-Le Moyne?

L'an dernier, à cette même tribune, vous avez eu l'occasion de prendre connaissance de la vision que nous avions pour le développement de ce secteur.

Comme vous le savez, nous avons annoncé récemment la conclusion d'une entente d'exclusivité avec Devimco Immobilier qui prévoit, à terme, un redéveloppement complet du secteur.

Avec un tel projet, notre centre-ville deviendra une destination de choix avec une offre de divertissement, des restaurants, de nouveaux espaces résidentiels et de bureau ainsi que l'aménagement d'une rue commerciale d'ambiance de prestige.

Bref, je le répète, nos efforts ont porté fruit. Depuis 3 mois, plus d'un milliard de dollars d'investissement ont été annoncés à Longueuil et ce n'est qu'un début!

En définitive, en offrant une fiscalité compétitive et des services de qualité, notre objectif, au fond, n'est pas compliqué : permettre à un nombre toujours plus important de personnes de grandir, s'éduquer, travailler et se divertir chez nous, à Longueuil.

Nous voulons que ceux et celles qui font le choix de vivre ici se sentent encore mieux dans leur ville. C'est aussi simple que cela.

Abordons maintenant les enjeux liés à l'agglomération de Longueuil.

Comme vous le savez, c'est le gouvernement du Québec qui nous a confié le mandat de gérer les services que nous partageons avec les quatre villes reconstituées. On parle notamment de la police, la sécurité incendie, l'évaluation municipale, l'alimentation en eau et l'élimination et le traitement des déchets.

Cette responsabilité est des plus importantes parce que les services d'agglomération représentent à peu près la moitié des taxes que nous percevons auprès de nos citoyens.

C'est ce qui fait que certains sont insatisfaits du partage de la facture.

Une telle situation peut engendrer des difficultés dans la relation client-fournisseur, si vous me permettez de faire de nouveau une analogie avec le secteur privé.

Cependant, je crois sincèrement qu'il faut voir la situation comme une opportunité de renouer le dialogue et d'améliorer nos façons de faire.

C'est exactement pour cette raison que, dès mon arrivée, j'ai remis en place la Table des maires qui en sera d'ailleurs à sa 5e rencontre demain.

C'est une chose de tendre la main, cela en est une autre de mettre de côté le passé pour accepter de repartir sur de nouvelles bases.

Comme a déjà dit Socrate : « le secret du changement, c'est de concentrer toute notre énergie non pas à lutter contre le passé mais à construire l'avenir. »

C'est pourquoi je salue l'ouverture et la confiance manifestées par mes 4 collègues : monsieur Martel, maire de Boucherville, madame Assaad, mairesse de Brossard, monsieur Brodeur, maire de Saint-Lambert et monsieur Murray, maire de Saint-Bruno-de-Montarville.

Vous pouvez compter sur ma collaboration et mon engagement.

La politique de la chaise vide, vous l'aurez compris, n'est pas ma tasse de thé. C'est pourquoi je crois fermement que la Ville de Longueuil doit intensifier sa présence sur le plan régional.

Par exemple, l'agglomération a tout intérêt à bâtir des liens solides avec ses partenaires de la couronne sud.

Parce que nous partageons ensemble plusieurs enjeux au sein de la CMM, il est primordial que l'on puisse travailler ensemble pour défendre nos intérêts communs et affronter les défis métropolitains.

On parle, entre autres, du transport collectif et de l'arrivée du REM, de la mise en place de l'ARTM, du développement économique du corridor de l'autoroute 30 et de la gestion des matières résiduelles.

D'ailleurs, j'aimerais saluer la présence aujourd'hui de monsieur Martin Damphousse, maire de Varennes, qui préside cette table.

Puisque l'on parle de notre présence régionale, souvenons-nous du combat que l'agglomération de Longueuil a mené pour obtenir sa région administrative.

L'objectif visé, qui est d'ailleurs toujours d'actualité, était de s'assurer d'être traités équitablement par le gouvernement par rapport aux autres régions et de recevoir notre juste part.

Je vais peut-être vous surprendre, mais aujourd'hui, j'ai la profonde conviction que nos objectifs peuvent être atteints autrement.

Comme je l'ai mentionné plus tôt, je ne suis pas une adepte de la politique de la chaise vide.

C'est pour cela que j'ai joint récemment, à titre de vice-présidente, la Table de concertation des préfets de la Montérégie. Je veux d'ailleurs saluer monsieur Paul Viau, qui préside cette Table, et le remercier pour sa présence ce midi.

Plus la Montérégie sera forte, plus l'agglomération de Longueuil pourra y trouver son compte, et vice versa.

Prenons par exemple le Fonds d'appui au rayonnement des régions instauré dernièrement par le gouvernement. D'ici 5 ans, une enveloppe de 50 millions de dollars sera mise à la disposition de la région.

C'est dans ce cadre que le gouvernement du Québec a annoncé, il y a 2 semaines, une aide financière pour la réalisation de 18 projets régionaux, dont l'implantation d'une aérogare à l'aéroport de Saint-Hubert.

Si ce soutien de la part du gouvernement a été rendu possible, c'est parce que nos MRC nous ont donné leur appui. C'est parce que nous avons convenu qu'il s'agissait d'une priorité régionale.

D'autres projets verront bientôt le jour, grâce à la cohésion de tous les acteurs montérégiens. Parce qu'il faut être conscients de la force et du poids politique de notre région.

La Montérégie, c'est la 2e région administrative la plus populeuse du Québec après Montréal, avec 1,5 million d'habitants.

Une région peuplée d'hommes et des femmes qui souhaitent y vivre et s'y épanouir dans un milieu de vie stimulant et productif.

C'est une région qui connait une vitalité économique indéniable puisque le taux de chômage y est seulement de 4,2 % (janvier 2018).

En comparaison, la région de Montréal enregistre un taux de 7,3 % et celle de Laval de 5,8 %.

Saviez-vous que nous arrivons au 1er rang, devant Montréal, pour le nombre d'emplois dans le secteur de la fabrication? 115 000 travailleurs œuvrent dans ce domaine, dont plus de la moitié dans l'agglomération de Longueuil.

D'autre part, il est impossible de parler de la Montérégie sans faire référence à l'agriculture. Avec 86 % du territoire situé en zone agricole, nous sommes le « garde-manger du Québec ».

L'agroalimentaire fait de la Montérégie un chef de file du Québec, mais elle fait aussi de l'agglomération une localisation de choix pour des entreprises comme Agropur, Danone, Olymel, Exeldor, Weston, Provigo, Bridor, pour ne nommer que celles-là.

Une autre force importante de la Montérégie est certainement son réseau de transport.

Traversée par de multiples autoroutes, desservie par des infrastructures portuaires, aéroportuaires et ferroviaires, la région offre un accès privilégié partout au Québec, à l'Ontario et aux États-Unis. Il s'agit d'atouts stratégiques non négligeables.

Enfin, pour continuer de croître, la région doit miser sur l'innovation, en particulier en soutenant nos 5 créneaux d'excellence :

  • l'industrie des systèmes électroniques avec des entreprises comme Varitron de Longueuil;
  • la filière des matériaux souples avancés avec des entreprises telle Biomod de Sainte-Julie;
  • le secteur des transports terrestres avec des géants comme Bombardier à Saint-Bruno;
  • la transformation métallique qui comprend des entreprises comme le groupe Canam de Boucherville;
  • et finalement l'industrie de la transformation alimentaire dont je viens tout juste de parler.

Comme vous pouvez le constater, la grande Montérégie possède de nombreuses forces sur lesquelles nous pouvons appuyer notre développement et assurer le mieux-être de nos citoyens.

Notre base économique est solide, notre potentiel est immense, mais il ne faut jamais baisser la garde.

Dorénavant, j'ai bien l'intention, comme mairesse de Longueuil, de jouer un rôle actif dans la défense et la promotion des intérêts régionaux.

En fait, j'estime que Longueuil possède toutes les caractéristiques pour assumer un leadership fort, tant au niveau économique et politique, que social.

Une Montérégie plus forte profitera à tous, y compris à l'agglomération de Longueuil.

La longue campagne qui nous mènera aux élections provinciales d'octobre prochain constituera d'ailleurs une occasion unique de faire valoir nos revendications auprès des instances politiques.

Dans cette perspective, je vous annonce que notre premier cheval de bataille sera d'exiger du gouvernement qu'il pose des actions concrètes pour améliorer la fluidité de l'autoroute 30.

Les problèmes de congestion que nous vivons quotidiennement sur cette autoroute nuisent à nos entreprises et à nos citoyens.

Avec l'arrivée prochaine du REM et l'effervescence économique que connaît le corridor de la 30, les choses n'iront pas en s'améliorant si rien n'est fait.

Durant la prochaine campagne, nous devrons tous faire valoir les objectifs économiques qui sont les nôtres afin que le prochain gouvernement soit bien au fait de nos aspirations régionales.

Dans cette perspective, j'estime qu'il faudra positionner, en particulier, les 5 priorités économiques suivantes :

  1. Mettre en valeur nos nombreux espaces industriels;
  2. Faire de l'aéroport de Saint-Hubert la plaque tournante du transport aérien régional;
  3. Soutenir l'expansion du port de Montréal à Contrecœur;
  4. Développer nos pôles logistiques;
  5. Consolider notre position de chef de file en agriculture en intensifiant les synergies entre producteurs et transformateurs.

La Montérégie, la couronne sud, l'agglomération de Longueuil partagent de nombreux intérêts et visent des objectifs communs.

Pour les atteindre, vous pouvez compter sur Longueuil pour être au cœur de notre région qui sera appelée, plus que jamais, à s'affirmer.

Merci.