Histoire de Saint-Hubert

Une paroisse, une ville… un arrondissement!

Les premières traces de la colonisation dans l'arrondissement de Saint-Hubert datent de 1665. Les soldats du régiment de Carignan ouvrent alors une voie, le chemin de Chambly. Il relie Montréal à la chaîne de forts placés le long de la rivière Richelieu pour protéger la colonie des conflits avec les autochtones. Plus tard, ce chemin sert le commerce entre Montréal et la rive sud.

Charles LeMoyne
Charles LeMoyne,
2e seigneur
de Longueuil

Issu de la seigneurie de Longueuil — elle-même concédée à Charles LeMoyne en 1657 et devenue baronnie quelques décennies plus tard — le territoire actuel de Saint-Hubert s'ouvre à la colonisation après un premier traité de paix conclu avec les Cinq Nations (Iroquois) en 1667, qui apparaît comme une trêve.

En 1701, la Grande Paix de Montréal est signée entre Callières, pour la Nouvelle-France, et les Quatorze Nations, ce qui permet à la région de se développer un peu plus. Toutefois, elle devra affronter les incursions successives de l'armée britannique venant de Nouvelle-Angleterre, avant de connaître une paix propice au développement qui ne viendra que vers le milieu du XIXe siècle, bien après la conquête.

Le XVIIIe siècle : conflits et conquête

Avec la prise de Québec et de Montréal, les Britanniques conquièrent la Nouvelle-France en 1760, qui devient territoire britannique en 1763.

Après la conquête, un Écossais, William Grant épouse la veuve du 3e baron de Longueuil, Marie Catherine Fleury Deschambault. La fille de celle-ci, née du premier mariage, Marie Charles Joseph LeMoyne de Longueuil, épouse le neveu de William, David Alexander Grant et devient la 4e baronne de Longueuil. La baronnie restera aux Grant jusqu'à l'abolition du régime seigneurial.

Entre 1774 et 1776, la guerre d'indépendance sévit aux États-Unis; des loyalistes anglais, fidèles à la couronne britannique, s'installent dans la région.

Le XIXe siècle : une paroisse

Maison de Joseph Vincent
la maison de Joseph Vincent,
qui dirigea les patriotes sur
le chemin de Chambly

Le 17 novembre 1837, les premières escarmouches de la Rébellion fusent. Des habitants du chemin de Chambly, dirigés par Joseph Vincent, capitaine de milice, armés de fusils, de fourches et de faux, s'opposent à un détachement anglais de cavalerie. Ils veulent délivrer les Canadiens qu'un détachement anglais a faits prisonniers, et se défendre. Les Patriotes sortent vainqueurs de cette première lutte.

La construction des chemins de fer contribue à augmenter la population à partir de la 2e moitié du XIXe siècle. Des maisons prennent place dans les secteurs Brookline, Brentwood, Pinehurst, East Greenfield, Croydon, noms que la compagnie ferroviaire a donnés aux postes de Saint-Hubert.

Jusque-là, les gens devaient se rendre à l'église Saint-Antoine à Longueuil pour assister aux offices religieux, mais l'église devient trop petite pour la population. En 1857, Laurent Benoît et Moïse Vincent, 2 hommes influents, rencontrent Mgr Ignace Bourget et lui demandent un lieu de culte dans les environs de chemin de Chambly. L'évêque acquiesce à cette requête. Il bénit solennellement la nouvelle église de style néo-gothique le 9 janvier 1859. Saint-Hubert n'était pas encore une paroisse, mais une desserte de Saint-Antoine, et sa population vivait surtout de l'agriculture.

En 1860, le gouvernement de l'Union du Haut et du Bas Canada érige civilement la desserte de Saint-Hubert en municipalité de paroisse. Le premier conseil municipal est alors constitué afin d'assumer les tâches coutumières. Dès le 17 janvier 1863, la paroisse de Saint-Hubert acquiert son autonomie civile et devient le 3e village issu de l'ancienne seigneurie de Longueuil, après Longueuil et Saint-Lambert.

Le XXe siècle : les communications

Les moyens de communication poursuivent leur déploiement au XXe siècle, modelant Saint-Hubert à l'image qu'on lui connaît à présent.

ancienne gare
Une vieille gare de
Saint-Hubert, aujourd'hui
disparue

L'électrification, vers 1920, amène bien des progrès, dont l'avènement du train électrique. Il devient plus facile de voyager vers Montréal et entre les villes de la rive sud.

S'engageant à participer au développement de routes aériennes commerciales couvrant l'empire britannique, le Canada construit à Saint-Hubert en 1927 un aéroport que l'arrivée du dirigeable R-100 inaugure à l'été 1930. La vocation de l'aéroport se réoriente par la suite vers l'aviation civile et militaire.

En 1958, la municipalité de Saint-Hubert obtient officiellement son statut de ville.

Dirigeable R-100
Le dirigeable R-100, qui a
atterri à Saint-Hubert en
août 1930

Armoiries de Saint-Hubert
En 1958, Saint-Hubert
adopte des armoiries
et une devise : « Viam veritatis
elegi » (J'ai choisi la
voie de la vérité)

Saint-Hubert fusionne avec la cité de Laflèche le 30 octobre 1971 pour devenir la nouvelle ville de Saint-Hubert. Laflèche, qui a porté le nom de Mackayville de 1947 à 1959, est un secteur qui faisait partie de Saint-Antoine de Longueuil au début du siècle, moment où son développement était surtout rural.

En 1992, l'administration municipale entreprend d'importants travaux en vue de créer un immense parc en plein cœur de la ville, comprenant un lac d'un kilomètre de long. Le Parc de la Cité devient le lieu de détente et de rassemblement par excellence des Hubertins.

Aujourd'hui

À la suite l'adoption de la loi 170 du ministère des Affaires municipales du Québec sur la réforme municipale en 2001, huit villes de la rive sud, dont Saint-Hubert, se regroupent pour former la Ville de Longueuil, 3e ville en taille au Québec.

À l'instar de ses voisines — Saint-Lambert, Greenfield Park, LeMoyne, Brossard, Boucherville, Saint-Bruno et Longueuil — la ville de Saint-Hubert devient un arrondissement de la grande Ville de Longueuil le 1er janvier 2002. À la suite du démembrement, en janvier 2006, Saint-Hubert est demeuré un arrondissement de la Ville de Longueuil.

Saviez-vous que…

  • Il y a 2 cryptes dans l'église de Saint-Hubert. Y sont inhumés les fondateurs de la paroisse : Moïse Vincent, Aglaë Vincent, Marie-Théophile Benoit et Laurent Benoit.
  • Selon la légende, l'évêque saint Lambert aurait baptisé son protégé, saint Hubert, qui a succédé à l'évêque. La paroisse de Saint-Lambert a été fondée quelques années avant celle de Saint-Hubert, ce qui aurait amené l'idée de nommer la nouvelle église Saint-Hubert.
  • Qui est saint Hubert? Un grand chasseur, prince de la lignée de Clovis, roi des Francs. Il sauve son père de l'attaque d'un ours en tuant l'animal, après avoir invoqué Dieu. Plus tard, un vendredi saint, alors qu'il chasse un cerf, il a une vision l'enjoignant de se convertir et de mener une vie sainte. Il s'en confie à l'évêque Lambert et fait un pèlerinage à Rome. Lambert est assassiné et Hubert prend sa relève à son retour. Il fonde l'évêché de Liège et meurt en 727.
  • Au passage, observez l'église de Saint-Hubert au 5310 sur le chemin de Chambly, et quelques habitations anciennes aux adresses suivantes : 5370, datant de 1850
    5420, datant de 1790
    5510, datant de 1900
    5670, datant de 1775
    et les 3 suivantes, construites vers 1850 :
    au 5285
    au 5445
    au 5205

Les maires de Saint-Hubert

André Sainte-Marie
1861-1862
Louis Brosseau
1862-1866
Jean-Baptiste Sainte-Marie
1866-1868
Laurent Benoît
1868-1870
François David
1870-1881
Toussaint Brosseau
1881
Joseph Paré
1881-1890
Wilfrid Tremblay
1890-1897
Alexis Tremblay
1897-1898
Émerie Brosseau
1898-1901
Pierre-Élie Sainte-Marie
1901-1905
Aimé Guertin
1905-1907
Moïse Brosseau
1907-1908
Adelphis Lareau
1908-1909
Noël Bouthillier
1909-1910
Joseph Paré, fils
1910-1915
Flavien Moquin
1915-1916
Arthur Barré
1916-1925
Henri Rocheleau
1925-1927
Antoine-Morille Labelle
1927-1928
Anatole Lavoie
1928-1931
André Latour
1931-1937
Hubert Guertin
1937-1949
Samuel Robinson
1049-1955
Gérard Payer
1955-1961
Euchariste Harvey
1961-1963
Norman Litchfield
1963-1968
Aldas Boileau
1968-1976
Bernard Racicot
1976-1984
Guy Desgroseillers
1984-1988
Pierre D. Girard
1988-1996
Michel Latendresse
1996-2001

Regroupement avec la Ville de Longueuil (2002)

Les maires de la Ville de Mackayville (1947-1959) et de la Ville de Laflèche (1959-1971)

Joseph-William Gendron
1947-1949
Lucien Tapin
1949-1953
Édouard Charruau
1953-1957
Paul Provost
1957-1962
Henri Cyr
1962-1963
Alexandre Girard
1963-1965
Gérard Philipps
1965-1971

Fusion avec la Ville de Saint-Hubert (1971)

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