L’agglomération de Longueuil veut prendre le contrôle de son aéroport

La mairesse de Longueuil et présidente de l'agglomération, Caroline St-Hilaire, demande au gouvernement du Québec la municipalisation de l'aéroport de Saint-Hubert en raison de l'impasse découlant des nombreux conflits au sein de son conseil d'administration.

Échec de la gouvernance actuelle

Une résolution en ce sens sera déposée à la séance du conseil de ville du mardi soir 17 avril demandant au gouvernement d'abolir l'organisme à but non lucratif (DASH-L) qui détient et gère l'aéroport, afin que l'agglomération succède aux droits et obligations de DASH-L. Cette démarche fait consensus au sein des maires des villes liées de l'agglomération qui estiment que le statu quo n'est plus viable.

« L'idée de la municipalisation de l'aéroport de Saint-Hubert est venue puisqu'à l'évidence, toute autre solution s'est avérée dysfonctionnelle. Le conseil d'administration de l'organisme est vicié par des confrontations permanentes entre les intérêts privés et le bien collectif. Dans l'état actuel des choses, la responsabilité de la gestion de l'aéroport est si morcelée qu'on se sait plus qui donne son orientation à cette institution, qui est responsable de quoi, et surtout responsable devant qui ? Il est temps que les élus et les citoyens retrouvent leur droit de parole sur les destinées de cet équipement collectif », soutient la mairesse de Longueuil et présidente de l'agglomération, Caroline St-Hilaire.

Une impasse qu'il faut dénouer

Le maire de Saint-Bruno-de-Montarville, Claude Benjamin, affirme que « toute tentative de limiter les activités nuisibles de l'aéroport ou d'en assainir la gouvernance se traduit par des poursuites personnelles abusives à l'endroit des administrateurs de l'aéroport, ce qui constitue une tentative intolérable d'intimidation de la part d'un petit groupe de locataires ».

Pour sa part, le maire de Boucherville, Jean Martel, rappelle qu'à son avis, le climat actuel « empêche d'autres entreprises du secteur d'agrandir leurs installations et de développer leurs activités, au détriment de l'activité économique du pôle aéronautique, sans compter que la situation décourage tout simplement des investisseurs intéressés à venir s'y installer ».

Guidée par deux rapports

L'agglomération de Longueuil fonde de plus sa démarche sur les conclusions du rapport en 2011 de la firme SECOR, qui confirme qu'au plan des indicateurs sur le potentiel de réussite, l'aéroport de Saint-Hubert est dans une excellente position. Elle s'appuie aussi sur le rapport en 2012 de l'ancien ministre fédéral des Transports, Benoît Bouchard, qui attribue la sous-performance de l'aéroport à des vices de gouvernance qui l'empêchent de concevoir et d'exécuter des stratégies viables pour son développement, ainsi que de saisir toute sa responsabilité sociétale.

L'agglomération estime enfin qu'une nouvelle gouvernance, davantage inspirée par l'intérêt public, permettra de mieux relever tous les défis auxquels est confronté l'aéroport de Saint-Hubert, notamment celui des nuisances sonores.