Une technique de décontamination novatrice à l’essai dans le boisé Pilon

L'Institut de recherche en biologie végétale (IRBV) de l'Université de Montréal mettra à l'essai dans le boisé Pilon une méthode expérimentale de décontamination des sols faisant appel à des végétaux. La Ville de Longueuil consacrera plus de 25 000 $ à ce projet qui promet de réhabiliter de façon durable une partie de ce boisé situé dans le quartier Laflèche, au sud du boulevard Sir-Wilfrid-Laurier.

Une approche basée sur la phytoremédiation

Les chercheurs de l'IRBV, sous la direction du professeur Mohammed Hirji, testeront sur une superficie de 1000 m² du boisé une méthode de dépollution reposant sur la phytoremédiation. Les scientifiques planteront 1 500 boutures de saules qui, en interaction avec des champignons et des bactéries, absorberont les contaminants présents dans le sol. L'équipe de l'Institut prévoit entreprendre des travaux préparatoires sur le terrain dans le courant de l'été afin de pouvoir procéder à la mise en terre des saules l'an prochain.

Suivi et analyses en laboratoire

Des analyses seront menées en laboratoires sur une période de deux ans suivant la plantation des arbres pour vérifier leurs capacités dépolluantes. Ces tests permettront d'évaluer la diminution de la concentration des polluants dans le sol selon les critères du ministère du Développement durable, de l'Environnement et de la Lutte contre les changements climatiques. Si les résultants s'avèrent concluants, l'expérience pourrait se répéter afin de décontaminer une plus grande superficie du boisé en vue d'une possible réutilisation.

Les travaux menés cette année donneront également l'information nécessaire pour comparer les coûts de cette technique avec ceux des méthodes conventionnelles, qui sont évalués à 10 M$ pour l'ensemble du site. Selon l'information existante, les frais associés à la phytoremédiation seraient significativement moins élevés.

Rappelons que le terrain du boisé Pilon, une propriété de la Ville de Longueuil, couvre une superficie de 52 000 m². Ce site a accueilli durant de nombreuses années des activités industrielles qui seraient à l'origine de sa contamination.