Patrimoine architectural

Le site patrimonial cité du Vieux-Longueuil

Le site patrimonial cité du Vieux-Longueuil est reconnu à juste titre comme un secteur de première importance en raison de sa valeur à la fois emblématique et identitaire. Cette zone, correspondant au noyau seigneurial d'origine, se distingue par un patrimoine architectural et archéologique des plus remarquables. En ce sens, nous pouvons parler de la cocathédrale Saint-Antoine-de-Padoue, un monument important du patrimoine de Longueuil qui date de 1885 ou même du Couvent de Longueuil où la bienheureuse Marie-Rose Durocher a fondé sa communauté.

Cartes interactives du site patrimonial cité du Vieux-Longueuil :

Le noyau villageois de Saint-Hubert

Ce village s'est développé de manière linéaire sur le chemin de Chambly, entre la route 116 et la rue Rocheleau. Son cadre bâti compte encore plusieurs maisons intéressantes et bien conservées qui témoignent des phases de développement rural et villageois.

D'une très grande qualité patrimoniale, l'ensemble institutionnel composé de l'église Saint-Hubert, du presbytère, de l'ancien couvent et de la grande place forme le cœur du noyau villageois de Saint-Hubert. L'église, dont la construction a été complétée en 1859, constitue un repère visuel important.

L'ensemble urbain du Vieux Greenfield Park

Ce secteur forme un ensemble urbain caractéristique de l'ère industrielle. Plusieurs maisons de type faubourien ont été implantées sur les artères principales dès le début des années 1900. Toutefois, plusieurs familles fortunées se faisaient aussi construire des résidences de villégiature dans ce petit coin de campagne. Greenfield Park compte donc plusieurs résidences très intéressantes, sises dans des rues étroites au couvert végétal abondant. Malgré les nombreuses variations du cadre bâti, une forte impression d'homogénéité se dégage de cet ensemble urbain.

Les maisons patrimoniales de Longueuil

Les maisons rurales de Longueuil (1647 à 1852)

Jusqu'au milieu du XIXe siècle, le mode de vie rural est dominant à Longueuil. Les familles, autosuffisantes, habitent des maisons de ferme et construisent des bâtiments secondaires tels que des granges, des écuries, des étables, des laiteries, des hangars, des glacières et autres remises.

Implantation

Les parcelles agricoles sont étroites et profondes. Leurs dimensions varient de 60 à 100 mètres de largeur et de 500 à 600 mètres de profondeur. Les maisons de ferme sont implantées à une des extrémités du lot, parfois avec un grand recul par rapport au chemin de desserte. La façade principale, sur le mur le plus long, est habituellement parallèle au chemin mais certaines maisons, dont celles qui longent le chemin de Chambly, ont une façade perpendiculaire au chemin.

Les dépendances agricoles sont parfois accolées à la maison de ferme ou regroupées à proximité, formant des ensembles en forme de « U » ou de « L ».

Les types ruraux se trouvent, de façon ponctuelle, à proximité des chemins les plus anciens, partout sur le territoire. Plusieurs maisons de ferme sont aujourd'hui implantées sur une parcelle qui a été intégrée à la trame urbaine environnante.

Architecture

Les premières maisons de ferme sont bâties selon la tradition constructive des colons venus de France. Elles sont construites sur les terres attribuées lors des premières concessions, habituellement riveraines au fleuve Saint-Laurent (voir le plan de 1722). Ces maisons ont des murs en bois ou en pierre et se trouvent à ras le sol. Elles ont une volumétrie rectangulaire, couronnée d'un toit à 2 versants, à forte pente, qui ne déborde pas de la façade. Habituellement, des cheminées massives sont accolées aux murs latéraux. Certaines maisons datant du Régime français, ont des murs latéraux surélevés par rapport à la toiture conformément à la tradition constructive urbaine qui exige des murs coupe-feu.

Cette typologie de maison évolue de manière à mieux s'adapter au contexte rural et au climat du pays. Les maisons édifiées dans l'arrière-pays, à la fin du XVIIIe siècle, lors des phases ultérieures de concession des terres, sont quelque peu différentes. Elles sont plus élevées du sol et la pente de leur toiture est moins prononcée. Parfois, la toiture est prolongée afin de recouvrir une grande galerie avant. Les murs extérieurs qui sont construits en bois plein équarri sont recouverts de planches à clin ou de bardeaux. Au début du XIXe siècle, la production de bois scié permet la construction de maisons à l'aide de madriers, de planches et de colombages. La plus faible dimension de ces pièces de charpente simplifie la tâche des bâtisseurs.

La maison de ferme est construite sur une terre progressivement défrichée. Lorsque les terres environnantes sont aussi défrichées, un secteur boisé est conservé au fond de la terre afin d'approvisionner les habitants en bois de construction ou de chauffage. Généralement, les limites latérales des lots sont bordées d'arbres et d'un fossé.

Exemples ruraux

Maison de ferme datant du Régime français, ayant des murs latéraux surélevés. (1863, rue Duke à Saint-Hubert)

 

Les maisons villageoises de Longueuil (1647 à 1852)

Ce type de bâtiment est construit dans les villages. Il possède la plupart des caractéristiques des maisons rurales qui lui sont contemporaines, toutefois sa taille est plus modeste, son implantation et ses bâtiments secondaires sont différents.

Implantation

Les maisons villageoises sont habituellement construites sur des petites parcelles étroites et profondes. Elles sont implantées en bordure de la rue et à proximité d'une des limites latérales du lot afin de ménager un accès vers la cour arrière où se trouvent fréquemment des granges ou des écuries.

Elles sont aussi construites sur les nouvelles parcelles issues des projets de lotissement des villages de Longueuil. Les maisons qui entourent l'église Saint-Antoine dans le Vieux-Longueuil, sont implantées sur les rues des nouvelles trames orthogonales villageoises.

Architecture

Les maisons construites dans les villages ressemblent à celles que l'on construit sur la ferme. Les premières maisons implantées sur le parcellaire serré du village ont une forme rectangulaire avec une toiture à double pans, des lucarnes et un parement de bois. La maison villageoise comporte plusieurs variantes. Parfois la maison est recouverte d'une toiture mansardée qui permet de gagner un étage plus généreux sous les combles. Parfois la maison est divisée en 2 unités d'habitation mitoyennes afin d'accueillir 2 familles. Ces transformations permettent une certaine densification de l'habitat dans le village.

L'espace de la rue du village est défini par les galeries couvertes successives des maisons villageoises. Les galeries forment un espace de transition entre l'espace intérieur privé de la maison et l'espace collectif de la rue. La marge avant minimale explique l'absence de plantations importantes le long de la rue.

La cour arrière des maisons est davantage plantée ainsi que la marge latérale où se trouve l'allée de desserte. Des potagers sont souvent aménagés dans la cour entourée de clôtures de bois. La cour comporte une grange ou une écurie ainsi que des latrines.

Exemples villageois

Cette maison de pierres aux murs latéraux coupe-feu, est construite dans le village de Longueuil. (Maison Rollin-Brais, 205, chemin de Chambly, Vieux-Longueuil)

Une partie de cette maison, construite à l'extrémité du village, au-delà du chemin de Chambly, a été démolie en 1921. (125, rue Saint-Charles Est, Vieux-Longueuil)

 

Les maisons faubouriennes de Longueuil (1852 à 1945)

à partir du milieu du XIXe siècle le chemin de fer est implanté sur le territoire. Les villes sont en croissance et de nouveaux types de bâtiments sont construits dans les faubourgs, c'est-à-dire au-delà des limites des noyaux villageois. Les nouvelles typologies architecturales sont des maisons en rangée et des plex résidentiels ou mixtes (logements superposés avec ou sans commerce au rez-de-chaussée). Les maisons en rangée et les logements superposés permettent une plus grande concentration d'habitations dans les faubourgs.

Implantation

Les types sont implantés sur les îlots rectangulaires de la trame orthogonale des faubourgs. Les maisons sont construites sur des parcelles étroites et profondes et elles ont de faibles marges de recul avant et latérales. Souvent, ces habitations sont mitoyennes, c'est-à-dire accolées les unes aux autres.

Les types faubouriens se trouvent dans le Vieux-Longueuil et dans les secteurs les plus anciens de Saint-Hubert, de Greenfield Park.

Architecture

En général, les bâtiments de faubourg ont une volumétrie cubique de 2 étages. Ils se caractérisent par leur charpente en carré de madriers de bois recouverte d'un parement de brique d'argile et leur toit plat entouré d'un parapet. Les premières maisons faubouriennes ont une toiture à une seule pente vers l'arrière du bâtiment. Le toit plat, imperméabilisé à l'aide d'une membrane goudronnée et comportant des pentes douces qui acheminent l'eau vers un drain pluvial central, est une importante innovation technique dans le domaine de la construction. Certaines maisons faubouriennes sont toutefois recouvertes d'un parement de pierre et d'un toit à 4 pans.

Certaines rues des faubourgs ne sont pas plantées d'arbres car les marges de recul avant des bâtiments sont très faibles. Les rues bordées de maisons de faubourg plus cossues, ayant une marge avant plus importante, sont dotées de plantations d'alignement. Plusieurs rues de faubourgs, bordées de maisons isolées ou jumelées, ont de généreuses plantations dans leurs marges latérales. Ces marges sont parfois aménagées en cours ou offrent des vues vers les cours arrière.

Exemples faubouriens

Cette maison de faubourg isolée a une toiture à un seul versant vers l'arrière. (295, rue Empire, Greenfield Park)

Ce duplex a un parapet élaboré, un bow-window et de grands balcons de bois. (460-462, rue Saint-Alexandre, Vieux-Longueuil)

La maison de faubourg dite « Four Square » au volume cubique à toiture pavillonnaire est un modèle importé des états-Unis. (220-222, rue Saint-Charles Est, Vieux-Longueuil)

 

Les résidences de villégiature (1852 à 1945)

À la fin du XIXe siècle, les faubourgs continuent de se développer. Le territoire naturel, en dehors des limites de la ville, est de plus en plus attrayant. Plusieurs secteurs de villégiature naissent sur la Rive-Sud, en particulier en bordure du fleuve. D'abord le traversier et ensuite le train permettent aux Montréalais de venir s'installer à la campagne durant la belle saison. Les maisons de villégiature sont de 2 ordres, les résidences opulentes et les chalets, plus modestes.

Implantation

Les maisons de villégiature sont de grandes résidences, implantées au centre de vastes parcelles. Ce sont des pavillons à 4 façades qui se trouvent généralement dans le Vieux-Longueuil.

Les chalets sont aussi des bâtiments pavillonnaires, de plus petites dimensions. Ils sont implantés en recul par rapport au chemin sur de plus petites parcelles. On les trouve plus loin du fleuve, souvent à proximité des voies ferrées, dans les parties plus anciennes de Greenfield Park et de Saint-Hubert.

Architecture

Les maisons de villégiature ont 2 étages avec parfois un étage sous les combles. Elles sont généralement construites en bois, avec un parement extérieur de briques, de clins ou de bardeaux de bois. Leur imposante toiture est souvent découpée de pignons et de lucarnes. Les maisons d'esprit victorien, un style courant à l'époque, sont dotées de nombreux détails ornementaux au niveau des balustrades, des perrons et du couronnement.

Les chalets ont généralement un seul étage avec parfois un étage sous les combles. Ils sont construits en bois directement au niveau du sol. Ils sont recouverts d'un parement de clins ou de bardeaux de bois et parfois même de papier-brique. Les toitures sont simples, à 2 versants ou à 4 pans.

Les terrains des maisons de villégiature construites au bord du fleuve, s'étendaient du chemin jusqu'à la rive. Les domaines étaient plantés de grands arbres ou de jardins floraux et étaient parfois aménagés par des architectes paysagistes.

Les terrains autour des grandes maisons de villégiature du domaine Pease, construites sur le mont Saint-Bruno, sont aménagés de manière à se fondre dans le décor campagnard de la montagne.

L'aménagement des petits terrains autour des chalets est nécessairement plus modeste. Les surfaces recouvertes d'asphalte ou de gravier ont augmenté depuis leur construction.

Exemples de villégiature

L'architecture de la maison Préfontaine-Beaulieu, datant de 1895, est d'esprit victorien. (25, rue Grant, Vieux-Longueuil)

La forme et le parement de bardeaux de cette maison de 1888 lui donnent un caractère rural. (24, rue Grant, Vieux-Longueuil)

Ce chalet à pignons, recouvert de bardeaux, était érigé en pleine campagne. (358, boulevard Churchill, Greenfield Park)

 

Les maisons suburbaines (1945 à 1970)

Au milieu du XXe siècle, la voiture est davantage utilisée et le réseau autoroutier est planifié. Le développement des lotissements de banlieue démarre et les Montréalais partent habiter une maison située de plus en plus loin du centre-ville. Les mécanismes d'accession à la propriété favorisent l'émergence de nouvelles typologies d'habitation. Il s'agit de maisons isolées telles le bungalow, le « split-level » et le cottage.

Implantation

La maison suburbaine est pavillonnaire, implantée au centre d'une parcelle large et peu profonde. Un garage est intégré au volume du bâtiment et une allée extérieure asphaltée est réservée pour stationner la voiture. Parfois le garage intérieur est remplacé par une allée véhiculaire latérale simplement recouverte par l'extension de la toiture de la maison (« car port »).

Les types suburbains sont construits à proximité des faubourgs du Vieux-Longueuil, de Greenfield Park et de Saint-Hubert.

Architecture

Les maisons de vétérans sont les premiers types suburbains. Ce sont des maisons subventionnées et construites par le gouvernement fédéral (Société canadienne d'hypothèques et de logement) pour les vétérans de la Seconde Guerre mondiale. Ce sont de petites maisons rectangulaires d'un étage avec une partie habitable sous les combles à double pente. Ces maisons, construites en série et toutes identiques à l'origine, ont été modifiées par leurs propriétaires au fil des années.

Le bungalow est une maison d'un étage avec un sous-sol excavé, habitable. L'ossature de bois est surmontée d'une toiture constituée de fermes préfabriquées à pente faible. Le type cottage possède 2 étages. Sa toiture a 2 ou 4 versants. Le « split-level » (demi-niveaux) est un type plus original. Il a un étage d'un côté du bâtiment et 2 de l'autre. La moitié de la maison qui comporte un seul étage est rehaussée à mi-chemin entre les 2 étages de l'autre moitié. Un escalier, situé au milieu du bâtiment, dessert un demi-niveau à la fois.

Ces maisons suburbaines ont des parements de couleur et des matériaux très variés. Plusieurs nouveaux types de parement et de recouvrement de toiture sont industrialisés (clins d'aluminium ou de vinyle, fausse pierre, panneaux de béton, bardeaux d'asphalte, etc.).

L'implantation pavillonnaire des maisons de banlieue permet la plantation d'arbres et d'arbustes au pourtour du bâtiment. Le couvert végétal varie toutefois selon la taille de la parcelle et de la surface pavée réservée à la voiture. En général, les banlieues résidentielles des années 1960 sont vertes. Des arbres d'essences très variées sont plantés sur les terrains privés. Le tracé sinueux des voies donne un caractère pittoresque à ces ensembles bâtis.

Exemples suburbains

Cette maison de vétérans a été relativement peu transformée. (265, rue Léopold, Vieux-Longueuil)

La toiture de ce bungalow est prolongée afin d'abriter l'aire de stationnement latérale. (330, rue de Champagne, Vieux-Longueuil)

Le garage est intégré au volume horizontal de ce bungalow. (400, rue d'Anjou, Vieux-Longueuil)