Plan directeur de gestion des matières résiduelles (PDGMR)

Les responsabilités de l'agglomération et des villes liées

Dans l'agglomération de Longueuil, c'est le conseil d'agglomération qui a la compétence et la responsabilité d'assurer le traitement, la valorisation et l'élimination des matières résiduelles provenant du milieu résidentiel des 5 villes liées.

Les villes de Boucherville, Brossard, Longueuil, Saint-Bruno-de-Montarville et Saint-Lambert doivent pour leur part assurer la collecte porte-à-porte des matières résiduelles et le transport aux centres de transfert, centre de tri des matières recyclables, site de compostage des déchets verts et site d'enfouissement désigné par l'agglomération en vertu d'un contrat adjugé à la suite d'un appel d'offres public.

La situation actuelle

En 2009, un total de 179 779 tonnes de matières résiduelles a été généré dans l'agglomération de Longueuil. Cela correspond à environ 453 kg par personne. Cette quantité comprend à la fois tous les secteurs résidentiels et les petits commerces et industries qui génèrent de faibles quantités de déchets et qui sont ramassés par la collecte porte-à-porte régulière.

Sur les 179 779 tonnes générées, un total de 54 101 tonnes de matières recyclables, de résidus verts, de résidus domestiques dangereux, d'encombrants et de textiles a été mis en valeur. Ainsi, en 2009, l'agglomération a valorisé 59 % des matières recyclables, 16 % des matières organiques, 49 % des résidus domestiques dangereux et 35 % des textiles.

La Politique québécoise de gestion des matières résiduelles : Plan d'action 2011-2015 vise le recyclage et la valorisation d'un minimum de 70 % du papier, du carton, du plastique, du verre et du métal résiduels, de 60 % de la matière organique putrescible résiduelle et de 80 % des résidus de béton, de brique et d'asphalte. Par ailleurs, d'autres objectifs propres à des matières ou à des produits, notamment ceux qui sont
désignés sous la responsabilité élargie des producteurs, sont fixés par règlement ou par entente.

Compte tenu de l'état d'avancement de l'agglomération de Longueuil dans l'atteinte des objectifs de valorisation, on constate que des efforts importants devront être faits pour améliorer la performance de mise en valeur des matières organiques.

Le plan directeur de gestion des matières résiduelles (PDGMR) — Faits saillants

C'est en adoptant un plan directeur (PDGMR) que l'agglomération, à partir des constats de la situation actuelle, définit le plan d'action qui doit être mis en œuvre afin d'améliorer notre performance dans la poursuite de l'atteinte des objectifs de la Politique québécoise.

Le PDGMR propose donc une série de mesures à mettre en place d'ici 2017. En plus des mesures prioritaires liées à la réduction et au réemploi, les principales mesures sont les suivantes :

Phase 1

2011 - 2012 :

  • Élaborer et mettre en œuvre un plan municipal de réduction à la source de réemploi et de recyclage.
  • Sensibiliser les citoyens à la pratique de l'herbicyclage.
  • Encourager l'utilisation des sacs de papier pour les résidus verts.
  • Continuer la collecte pêle-mêle des matières recyclables sur l'ensemble du territoire de l'agglomération.
  • Offrir un « minimum » de collectes spéciales de résidus verts sur le territoire.
  • Adopter un règlement visant la récupération des matières recyclables lors des rassemblements publics.
  • Finaliser les démarches visant l'ouverture d'un réseau d'écocentres couvrant l'ensemble du territoire.
  • Poursuivre le processus de mise en place d'une infrastructure de traitement des matières organiques selon la disponibilité financière de subsides gouvernementaux.
  • Sensibiliser, mesurer les résultats et ajuster les moyens.
  • Créer une table d'échange réunissant les différents acteurs du réemploi dans le secteur du textile.
  • Mettre en place un règlement visant l'interdiction de jeter les résidus domestiques dangereux avec les ordures ménagères.

Phase 2

2013 - 2014 :

  • Inaugurer l'infrastructure de traitement des matières organiques.
  • Démarrer la collecte régulière des matières organiques.
  • Mettre en place un règlement visant l'interdiction de jeter les rognures degazon avec les ordures ménagères.
  • Adopter un règlement visant l'utilisation de sacs de papier pour les collectesspéciales de résidus verts.
  • Sensibiliser, mesurer les résultats et ajuster les moyens.

Phase 3

2015 - 2017 : 

  • Compléter la mise en place de la collecte des matières organiques.
  • Démarrer le processus visant la mise en place d'une infrastructure de valorisation énergétique des ordures ménagères selon la disponibilité de subsides gouvernementaux.
  • Participer, le cas échéant, à un projet pilote de valorisation énergétique des ordures ménagères sur la Rive-Sud.
  • Sensibiliser, mesurer les résultats et ajuster les moyens.

Le PDGMR a été élaboré en conformité avec les objectifs et orientations de la Politique québécoise de gestion des matières résiduelles, du Plan métropolitain de gestion des matières résiduelles de la Communauté métropolitaine de Montréal, de l'autonomie régionale, de la Commission parlementaire sur la gestion des matières résiduelles au Québec, les principes du développement durable et la hiérarchie des 3RV-E (Réduction à la source, Réemploi, Recyclage, Valorisation et Élimination).

Les coûts

La mise en œuvre du PDGMR et l'atteinte des objectifs de la Politique québécoise entraîneront une augmentation des coûts. Toutefois, le statu quo sera également soumis à des augmentations au cours des prochaines années, notamment à cause de la hausse probable des redevances gouvernementales et des coûts d'enfouissement.

Si aucun changement n'était apporté aux modes de collecte et de traitement actuels, il est estimé que le coût annuel passera de 156 $/porte en 2009 à 219 $/porte en 2017.

La mise en œuvre du PDGMR telle que proposée portera plutôt le coût à 282 $/porte, ce qui représente une différence de 63 $ par porte par année par rapport au statu quo, soit environ 5 $ par mois par porte.

Cette augmentation permettrait à l'agglomération d'atteindre les objectifs de la Politique québécoise, de respecter l'autonomie régionale en implantant les infrastructures de valorisation sur son territoire, de créer de nouvelles sources d'énergie et de contribuer à la réduction des gaz à effets de serre.

Le PDGMR offre donc aux citoyens les moyens d'agir et ainsi d'apporter leur contribution à une gestion plus responsable de leurs matières résiduelles.