Portrait historique

Le 1er janvier 2002, une nouvelle ville est née du regroupement de villes de la Rive-Sud. En janvier 2006, une nouvelle réorganisation territoriale créait l'agglomération de la Ville de Longueuil, composée des villes de Boucherville, Brossard, Saint-Bruno-de-Montarville et Saint-Lambert. Les arrondissements de Greenfield Park, Saint-Hubert et du Vieux-Longueuil (les anciennes Ville de Longueuil et de Lemoyne) sont demeurés à l'intérieur de la ville-centre de Longueuil.

Depuis longtemps, toutes ces municipalités entretiennent des liens étroits et ont développé des services communs, notamment pour le transport collectif et le traitement des eaux. à l'intérieur de cette réorganisation du territoire toutes les villes ont conservé un lien puisqu'elles font désormais partie de l'agglomération de Longueuil dont la Ville de Longueuil est la ville-centre.

Longueuil est une ville dont l'histoire remonte tout au début de la Nouvelle-France. D'ailleurs, certains arrondissements possèdent des secteurs patrimoniaux et historiques que l'on compte parmi les premiers noyaux villageois de ce côté du fleuve Saint-Laurent. Le site patrimonial cité du Vieux-Longueuil et le chemin de Chambly reflètent la culture et les coutumes des gens qui ont bâti la Nouvelle-France. On y retrouve monuments et bâtiments reflétant le passé longueuillois.

Chacun des 3 arrondissements de la Ville de Longueuil possède son identité propre. Nous vous invitons à sélectionner un arrondissement pour en savoir plus sur l'histoire de Longueuil.

Les phases de formation du territoire longueuillois

La première phase de formation couvre la période préhistorique et l'établissement des nations amérindiennes avant l'arrivée des premiers européens sur le territoire. La deuxième phase, de 1647 à 1722, montre la mise en place du système seigneurial du Régime français et la construction de forts défensifs le long du fleuve Saint-Laurent. La troisième phase, de 1722 à 1852, est caractérisée par la croissance des villages et l'essor de l'activité agricole dans le secteur. La quatrième phase, de 1852 à 1945, est amorcée dès la construction du pont Victoria et la mise en place d'un réseau de voies de chemin de fer sur la Rive-Sud. Des maisons de faubourg sont construites en milieu urbain et des maisons de villégiature à la campagne. La cinquième phase, de 1945 à 1971, est reliée à la construction de nouveaux ponts et au déploiement d'autoroutes permettant l'aménagement des premières banlieues résidentielles sur le territoire. La dernière phase, de 1971 jusqu'à la période actuelle, est caractérisée par l'expansion du réseau des autoroutes. La croissance des lotissements de banlieue durant cette phase accentue le degré de transformation de l'environnement bâti et naturel hérité des phases antérieures.

Les seigneuries et le système de fort (de 1647 à 1722)

Au début de la colonisation, la Nouvelle-France est gérée par des compagnies de commerce qui octroient, avec l'aval du roi, des seigneuries sur le territoire. Les seigneurs obtiennent une concession en raison des services rendus dans la colonie. Ils érigent un manoir sur leur domaine et concèdent leurs terres à des censitaires. Ils doivent construire un moulin et mettre à la disposition des censitaires une commune, c'est-à-dire une terre où ces derniers font l'élevage du bétail en attendant que leur terre soit défrichée. Les seigneurs doivent aussi assurer la protection des censitaires contre les attaques des Iroquoiens. En 1633, la Compagnie des Cent-Associés gère la colonie. En 1635, elle concède la seigneurie de la Citière à François de Lauzon. Cette seigneurie, la première sur la rive sud de Montréal, s'étend de la rivière de Châteauguay jusqu'à la rivière Saint-François et englobe le territoire actuel de l'agglomération de Longueuil.

La seigneurie de Longueuil
1657 La seigneurie originale de Longueuil comprend un territoire de 50 arpents de large donnant sur le fleuve, par 100 arpents de profondeur, accordé à Charles Le Moyne à partir de la seigneurie de la Citière.
1664 Le Roi de France envoie un régiment d'élite, le régiment de Carignan-Salières, pour pacifier le sud de Montréal et ordonne la construction du fort de Chambly afin de contrôler l'axe de la rivière Richelieu qui sert de voie de pénétration aux Iroquoiens. La construction de cet ouvrage défensif oblige la mise en place d'un sentier, à travers bois, du fleuve jusqu'au fort de Chambly. Ce sentier devient le chemin de Chambly qui mène au débarcadère aménagé sur la rive pour permettre le transport fluvial depuis Ville-Marie.
1668 Charles Le Moyne (1626-1685), interprète des langues huronne et iroquoise, vivant à Ville-Marie et propriétaire d'une terre sur la rive sud du fleuve, obtient le titre de seigneur du roi Louis XIV.
1672 L'intendant Jean Talon octroie à Charles Le Moyne les terres non concédées situées entre la seigneurie de La Prairie de la Magdeleine et la seigneurie de Boucherville. La concession des terres de la seigneurie de Longueuil, qui sont situées en bordure du fleuve, débute 3 ans plus tard.
1676 La seigneurie de Longueuil est agrandie. En plus du domaine seigneurial, des terres riveraines, des îles Rondes et Sainte-Hélène, le territoire de Le Moyne s'étend vers Chambly et en aval de la rivière Richelieu.
1695 Le fort Du Tremblay est construit en bois près du fleuve, à proximité du fief Du Tremblay. Il ne réussit pas à repousser les assauts des Iroquois. Charles Le Moyne fils (1656-1729), fait donc ériger un fort en pierre sur sa seigneurie. Le château fort, complété en 1698, intègre le manoir seigneurial et regroupe les fonctions défensives et résidentielles. Il permet également la protection du débarcadère de la rive sud. Charles Le Moyne fils est nommé baron en 1700. La seigneurie devient la baronnie de Longueuil.
1701 La signature de la « Grande Paix » ou la « Paix de Montréal » met un terme aux impératifs de la fortification et au système défensif des Français.

 

Reconstitution du secteur en 1722

Le réseau des voies

Le chemin de Chambly, ouvert en 1665, est la première voie d'importance au pays, aménagée afin d'assurer la défense de la colonie. Elle relie Ville-Marie au fort de Chambly et est tracée de manière rectiligne compte tenu du peu d'obstacles naturels à franchir. Le chemin du roi épouse le tracé de la rive du fleuve Saint-Laurent et relie les seigneuries de Boucherville, Longueuil et La Prairie. Cette voie donne accès aux premières concessions de terres. Les chemins de la côte de La Pinière, de la côte Noire, de la montée d'En Haut et de la montée d'En Bas, sont des voies qui permettront de desservir les terres agricoles concédées ultérieurement, à l'intérieur des terres. Le chemin De Gentilly, à proximité du château fort de Longueuil, permet de monter le cours du ruisseau Saint-Antoine (aujourd'hui le boulevard Roland-Therrien).

En novembre 2015, la Ville de Longueuil procéda à l'inauguration d'une plaque didactique et commémorative pour souligner le 350e anniversaire de l'arrivée du régiment de Carignan-Salières et de la construction du chemin de Chambly par ce dernier. Cette plaque a été érigée à l'angle du chemin de Chambly et de la rue De Gentilly (coin sud-est).

Panneau historique sur le chemin de ChamblyEn plus de l'ajout de cette plaque, la Ville installa près d'une cinquantaine de panneaux le long du chemin de Chambly dans le but de faire connaître la valeur historique de cette voie de circulation à tous les citoyens. D'autres artères principales de la Ville ont été ciblées par la suite.

Le cadre bâti

Le cadre bâti est constitué du manoir seigneurial, de maisons de ferme et de leurs dépendances, de moulins, de chapelles et d'églises. Quatre forts érigés le long du chemin du roi protègent les installations principales des attaques iroquoises. Le fort Saint-Lambert, le fort Du Tremblay et le fort de Boucherville étaient des enceintes de bois tandis que le château fort de Longueuil était construit en pierre.

L'Isle de Montréal et ses environs, plan de Jacques Nicolas Bellin datant de 1764, BNQ

Le château fort de Longueuil avant sa démolition en 1810. Reconstitution par John Drake, vers 1825. Musée du séminaire de Québec.

 

Le paysage

À l'arrivée des premiers colons, le paysage boisé, en savane ou marécageux est encore à l'état naturel. Les terres concédées au bord du fleuve Saint-Laurent sont défrichées afin d'être utiles à l'agriculture et à l'élevage

 

Les villages et l'activité agricole (de 1722 à 1852)

La paix avec les Amérindiens facilite l'exploitation agricole du territoire. Les colons établis sur les fermes se consacrent davantage à leurs terres et à l'élevage. D'abord autosuffisants, les fermiers produisent des surplus. Progressivement, la Rive-Sud devient le grenier de Montréal. Les artisans s'établissent autour du moulin, de la chapelle ou de l'église. Les villages prennent de l'expansion à l'extérieur des murs des anciens forts. Les murs désuets sont éventuellement démolis.

 

Le Village de Longueuil
1722 Les premières maisons du village de la baronnie de Longueuil sont construites vers 1730. Situées à proximité du château fort, elles longent la nouvelle rue Saint-Charles, tracée parallèlement au chemin du roi, le long duquel étaient construites les maisons de ferme.
1724 Une première église est construite par Guillaume Alexandre dit Jourdain, au carrefour de la rue Saint-Charles et du chemin de Chambly. Sa façade donne sur le chemin de Chambly.
1760 La France est défaite lors de la Guerre de Sept ans. Les Britanniques prennent possession de la Nouvelle-France.
1775 Les Américains se révoltent contre l'Empire britannique. Ils remontent la rivière Richelieu et s'emparent du fort de Chambly. Ils avancent vers Ville-Marie et occupent le château fort de Longueuil. L'invasion américaine est toutefois évitée. En 1783, les Britanniques perdent la guerre et reconnaissent la souveraineté des états-Unis. Ils conservent néanmoins leur emprise sur le Canada.
1810 Démolition du château fort qui n'est plus utile et qui empêche la prolongation de la rue Saint-Charles.
1814 La nouvelle église Saint-Antoine est construite sur les ruines du château fort de Longueuil. Les travaux permettent le prolongement de la rue Saint-Charles au-delà du chemin de Chambly. Le village se développe tout d'abord le long de ces 2 axes.
1835 Une partie du domaine appartenant au baron est lotie. Des rues sont tracées sur une trame orthogonale mais celles-ci de sont pas encore bordées de bâtiments.
1837 Longueuil est le théâtre des premiers coups de feu de la révolte des Patriotes désirant délivrer les prisonniers aux mains des Anglais.
1842 Le couvent de Longueuil est construit sur la rue Saint-Charles par les Sœurs des Saints-Noms-de-Jésus-et-de-Marie.
1845 La Municipalité de la paroisse de Saint-Antoine de Longueuil est fondée. Elle couvre un très large territoire comprenant les arrondissements actuels de Saint-Lambert, de Saint-Hubert, de Greenfield Park et d'une partie de l'arrondissement du Vieux-Longueuil.
1848 Le Village de Longueuil devient une structure administrative autonome par rapport à la Municipalité de la paroisse. On y dénombre alors 374 maisons.

 

Reconstitution du secteur en 1852

En 1852, tout le secteur est divisé en concessions. Ce plan montre seulement le découpage parcellaire qui nous est connu ainsi que l'emplacement des aires encore boisées (en vert plus foncé).

 

Le réseau des voies

Les voies qui pénètrent dans les terres permettent la mise en place et la desserte des concessions plus éloignées du fleuve. Le chemin du Coteau-Rouge relie les chemins de Chambly et de la Côte Noire. Le village de Longueuil se développe sur une trame de rues orthogonale, perpendiculaire au chemin du Roi épousant la configuration naturelle des rives du fleuve Saint-Laurent.

Le découpage parcellaire

Le découpage des terres du fief Du Tremblay est fait en fonction de l'orientation du découpage des premières concessions. Les terres des deuxième, troisième, quatrième, cinquième et sixième concessions donnent sur des rangs successifs atteints par les montées. Les terres de la seigneurie de Longueuil sont découpées de manière différente car on n'a pas besoin d'ouvrir des rangs. Les terres donnent directement sur les 3 premiers chemins qui pénètrent dans le territoire et sur les chemins des côtes.

Le village de Longueuil en 1835 et le tracé des nouvelles rues, d'après Jodoin et Vincent dans Histoire de Longueuil et de la famille De Longueuil, 1889.

 

Le cadre bâti

Le cadre bâti rural est constitué de maisons de ferme et de leurs dépendances. Les maisons, construites en pierre ou en bois, sont composées d'un volume rectangulaire surmonté d'une toiture à double pans. Les maisons de ferme sont construites à proximité du chemin ou au bout d'une longue allée. Dans la seigneurie de Longueuil, les maisons sont généralement implantées de façon perpendiculaire au chemin.

Le cadre bâti villageois est constitué de maisons similaires aux maisons de ferme. Cependant, les maisons villageoises ont des dimensions plus modestes. Elles sont implantées en bordure de la rue sur un petit parcellaire. Elles sont souvent dotées d'une galerie avant recouverte par le larmier de la toiture. En arrière lot se trouve une remise ou une écurie.

Le paysage

Le paysage rural est composé de champs agricoles. Les champs sont délimités par une rangée d'arbres coupe-vent et un fossé. En général, les fermiers ne défrichent pas le fond de leur terre. Ces arbres servent de réserves de bois pour la construction et le chauffage.

Le paysage villageois est composé de rues très étroites bordées d'une succession de petites maisons villageoises et d'arbres. L'espace public principal est le parterre de l'église paroissiale. à Longueuil, le fleuve est un élément paysager important du village qui le borde de très près.

 

La ville et le réseau ferroviaire (de 1852 à 1945)

à la fin du XIXe siècle, la ville de Montréal est devenue une importante métropole. Son essor industriel et ses échanges commerciaux ont une incidence directe sur le développement de la Rive-Sud. L'implantation de lignes de chemin de fer sur le territoire permet des liens rapides avec les états-Unis et avec l'Est du pays. L'ouverture de gares ferroviaires et de nouvelles industries permet la croissance urbaine et modifie le découpage administratif des municipalités. De nouvelles villes sont créées.

La Ville de Longueuil
1852 Le premier chemin de fer reliant Longueuil, Saint-Hyacinthe et Sherbrooke est aménagé par la compagnie de chemin de fer du Saint-Laurent et de l'Atlantique. La compagnie de chemin de fer Montréal et Champlain est installée dans la partie ouest de Longueuil.
1859 Le pont Victoria est construit par la compagnie de chemin de fer du Grand-Tronc, entre 1854 et 1859. Le pont est tubulaire et ne comporte qu'une seule voie ferrée. Longueuil perd le monopole du transbordement des marchandises en provenance maritime de Montréal.
1874 Le Village de Longueuil devient la Ville de Longueuil.
1898 à l'occasion du jubilé de la reine Victoria, l'étroit tablier tubulaire du pont est remplacé par un treillis en acier de type Howe. Les piliers sont élargis dans leur partie supérieure afin de supporter la charge supplémentaire. En 1908, ce pont accueille aussi les tramways et en 1935, les automobiles, grâce à l'ajout d'une passerelle latérale. Une passerelle véhiculaire est ajoutée en 1955.
1930 Le pont Jacques-Cartier est construit. Sa structure en acier, de près de 3 kilomètres, comporte une travée suspendue et 2 travées en porte-à-faux (cantilever).
1932 Le boulevard Taschereau est ouvert entre le pont Jacques-Cartier et la Ville de La Prairie.
1908 La Waterman Co., un important fabriquant de stylos plumes de New York, est l'une des premières compagnies à s'installer à proximité du chemin de fer.

 

La Ville de Saint-Hubert
1860 La Ville de Saint-Hubert est née d'une partie de la Municipalité de la paroisse de Saint-Antoine de Longueuil. Quelques familles habitent le noyau villageois situé au croisement du chemin de Chambly et de la montée Saint-Hubert. Ils ont leur église en 1859 et un presbytère en 1871.
1926 Le territoire autour de la Ville de Saint-Hubert est encore agricole mais un aéroport est aménagé en bordure du chemin de Chambly. Il sert d'abord au transport postal.
1928 L'aéroport de Saint-Hubert accueille le dirigeable R-100 en provenance d'Angleterre. Pendant la guerre, il sert à la formation de pilotes et un véritable petit village se forme autour des installations aéroportuaires.

 

La Ville de Greenfield Park
1907 Le territoire de l'actuel arrondissement de Greenfield Park est constitué de cinq fermes de la Municipalité de la paroisse de Saint-Antoine de Longueuil. Les premiers habitants de cette localité forment une communauté homogène d'immigrants d'origine britannique.
1911 La charte de la Ville de Greenfield Park est accordée. Deux ans plus tard, le conseil s'associe aux municipalités de Longueuil, Saint-Lambert et Montréal-Sud afin de construire un égout collecteur commun.
1914 Plusieurs résidents font partie de la réserve impériale et partent à la Grande guerre. Les militaires qui reviennent du front connaîtront la dépression économique et la Seconde Guerre mondiale.

 

La Ville de Montréal-Sud
1906 Le Village de Montréal-Sud est né d'une petite partie de la Municipalité de la paroisse de Saint-Antoine de Longueuil (grosso modo entre les actuelles rues Joliette, Bertrand et La Fayette). Sa population est anglophone et protestante. Le Village obtient le statut de Ville en 1911.

 

Reconstitution du secteur en 1945

Le réseau des voies

La mise en place du réseau de chemin de fer sur la rive sud de Montréal facilite et encourage l'urbanisation du territoire. Un réseau de rues, organisées sur une trame orthogonale typique des faubourgs, se développe en continuité avec le tissu urbain plus ancien. L'aéroport de Saint-Hubert est aménagé au croisement du chemin de Chambly et de la route qui longe la voie ferrée vers Saint-Bruno.

Le cadre bâti

Le développement du réseau ferroviaire permet la création de nouvelles municipalités munies d'une gare, d'un hôtel de ville, d'usines, de lieux de culte, etc. Dans les faubourgs, les typologies résidentielles sont des duplex, des maisons isolées ou jumelées. Ces bâtiments ont souvent un toit plat et sont habituellement recouverts de brique d'argile, un matériau commun à la fin du XIXe siècle, produit à La Prairie. Des maisons de villégiature sont aussi construites. De modestes chalets et de grandes villas cossues sont implantés en dehors des trames urbaines, à proximité des cours d'eau et des voies ferrées.

Les terres agricoles sont davantage défrichées et exploitées.

Le chemin de Chambly, près de la cocathédrale, BNQ c01006

Les banlieues et le réseau autoroutier (de 1945 à 1970)

Une période de prospérité générale et de croissance démographique a lieu après la dépression économique des années 1930 et la Seconde Guerre mondiale. La construction de la Voie maritime, ouverte en 1959 et l'aménagement du site de l'Exposition universelle de 1967 transforment le tracé de la berge du fleuve et créent de nombreux emplois. Les déplacements automobiles sont plus nombreux et plus rapides. La construction des autoroutes, des ponts et du métro sur le territoire encourage l'implantation de parcs industriels, de centres commerciaux et de banlieues résidentielles.

La Ville de Jacques-Cartier
1947 La Ville de Jacques-Cartier est créée sur l'ancienne Municipalité de la paroisse de Saint-Antoine de Longueuil. Plusieurs familles qui ne peuvent se trouver un logis abordable à Montréal viennent s'installer sur ce vaste territoire. La croissance démographique est exponentielle. Les rues ne sont pas pavées et il n'y a pas d'égouts. Le clergé catholique prend en main l'organisation sociale et éducative de cette communauté défavorisée.
1951 La compagnie Pratt & Whitney Canada construit sa plus importante usine de moteurs à explosion.
1967 Le pont-tunnel Louis-Hippolyte-La Fontaine est inauguré. Long de plus de six kilomètres avec ses approches, il se transforme de pont en tunnel sur l'île Charron. Le tunnel est l'un des ouvrages en béton précontraint les plus considérables au monde.
1969 La Ville de Jacques-Cartier est annexée à la Ville de Longueuil.

 

La Ville de Longueuil
1961 La Ville de Montréal-Sud est annexée à la Ville de Longueuil.
1964 Le tronçon de l'autoroute 20, construit directement en bordure du fleuve sur du remblai, longe la route 132. Les rues de la ville ne donnent plus accès aux berges.
1967 Les stations de métro de Montréal et celle de Longueuil sont inaugurées. La présence du métro engendre le développement d'un pôle de forte densité sur les terrains environnants appartenant à la Défense nationale canadienne. Le collège édouard-Montpetit est créé à partir de l'Externat classique de Longueuil.

 

La Ville de Greenfield Park
1945 Plusieurs vétérans de la Seconde Guerre mondiale s'installent à Greenfield Park. Le conseil de ville établit un système de ventes de terrains qui facilite l'accession à la propriété aux vétérans.
1958 Les secteurs encore en friche et en bocage connaissent une urbanisation accélérée. De 1 000 habitants en 1929, la population augmente à 5 300 habitants.

 

La Ville de Saint-Hubert
1958 La population est passée de 1 900 habitants en 1929, à 12 000 habitants.
1965 La compagnie Pratt & Whitney Canada ouvre une usine à proximité de l'aéroport de Saint-Hubert qui est fermé au transport civil entre 1941 et 1968 car il sert à l'Aviation royale canadienne.

 

La Ville de Mackayville-Laflèche
1947 La Ville de Mackayville est créée sur un territoire de la Municipalité de la paroisse de Saint-Antoine de Longueuil, connu, dans les années 1920, sous le nom de St. Lambert Heights. Elle devient Laflèche en 1959 et est annexée à Saint-Hubert en 1971.

 

La Ville de Le Moyne
1949 Fondée à partir des paroisses de Saint-Maxime et de Saint-Josaphat, situées dans la Ville de Jacques-Cartier, la Ville de Le Moyne possède un territoire ayant à peine un kilomètre carré.

 

Plan montrant l'emplacement des nouvelles municipalités créées à partir de la Municipalité de la Paroisse de Saint-Antoine de Longueuil.

Jacques-Cartier
Longueuil
Montréal Sud
Saint-Lambert
Préville
Le Moyne
Mackayville-Laflèche

Reconstitution du secteur en 1970

Le réseau des voies

Deux nouveaux ponts enjambent le fleuve, le pont Champlain et le pont-tunnel Louis-Hippolyte-La Fontaine. Ils donnent accès à 3 voies rapides qui traversent le territoire, l'autoroute 10 vers Sherbrooke, l'autoroute 20 vers Québec et l'autoroute 15, en bordure du fleuve, vers les États-Unis. Une autre voie rapide, l'autoroute 30, est amorcée.

Le découpage parcellaire

En général, les lotissements effectués immédiatement après la Seconde Guerre mondiale reprennent la trame de rues orthogonale des faubourgs, implantée selon l'orientation des parcelles agricoles. Des projets de lotissement de ce type sont entamés à Saint-Hubert, le long de la voie ferrée (le quartier Brookline par exemple).

à la fin des années 1950, le lotissement des premières banlieues résidentielles est effectué sur des rues sinueuses ou en boucles afin de dissuader la circulation automobile de transit. Des voies collectrices relient ces rues au réseau autoroutier.

Le cadre bâti

De nouvelles typologies résidentielles se développent. Les types suburbains sont des maisons isolées d'un étage avec des toitures à pentes. Les premiers exemples, des années 1945-1950, sont des maisons toutes semblables, construites par le gouvernement pour les vétérans. Par la suite, les banlieues résidentielles sont construites de bungalows et de « split-levels ». Parmi les églises et les équipements publics construits dans les nouvelles municipalités, plusieurs adoptent un esprit moderniste.

Le paysage

Les rives du fleuve sont fortement remaniées lors de la construction des ponts, des autoroutes et de la Voie maritime. Dans les arrondissements qui bordent le fleuve, l'ancien chemin du Bord-de-l'Eau rappelle le tracé original de la rive. Dans le Vieux-Longueuil, l'autoroute 20, la route 132 et une bande de remblai séparent la ville du fleuve.

Le paysage rural connaît des changements aussi. Une bonne partie des terres agricoles sont cédées au développement des banlieues. Cependant, les aires boisées sur les terres qui restent, augmentent par rapport à la période de formation précédente. En effet, plusieurs terres agricoles sont laissées en friche.

La rue Saint-Charles Est, à Longueuil, BNQ c03989

 

Le patrimoine et les extensions suburbaines (de 1970 à 2005)

Le développement résidentiel de la Rive-Sud continue de prendre de l'expansion pendant les années 1970. Les déplacements automobiles se multiplient et engendrent diverses formes de pollution. L'étalement urbain continue malgré la récession et la crise de l'énergie des années 1980 et 1990. De nouveaux débats environnementaux, alimentés par la tempête de verglas en 1998, sont soulevés. Les instances gouvernementales et municipales commencent à endosser des projets visant à encourager le transport collectif et le développement durable. Ils s'intéressent davantage à la protection et à la mise en valeur du patrimoine bâti et paysager de la Rive-Sud.

La nouvelle Ville de Longueuil
1979 Les travaux d'aménagement du parc Marie-Victorin débutent sur le remblai bordant le fleuve en face de l'ancien village de Longueuil. Une piste cyclable, des sentiers piétonniers et des aires de jeux y sont installés.
1980 Des passerelles sont construites au-dessus de la route 132 afin de permettre aux piétons et aux cyclistes d'atteindre les rives du fleuve.
1982 Un parc linéaire est aménagé dans l'ancienne emprise de chemin de fer de la compagnie Montreal & Sorel Railway, entre le boulevard La Fayette et la rue de Normandie.
1988 La promenade René-Lévesque, comprenant une piste cyclable et un sentier piétonnier, est aménagé le long du fleuve, en face de l'île Verte, entre le pont-tunnel et le parc Marie-Victorin. La pointe du Marigot, un milieu naturel doté de marais, d'aires de nidification, de 2 phares et d'un mirador, se trouve sur le parcours.
1989 La station de pompage de la Voie maritime est construite au pied du pont Jacques-Cartier.
1990 La Ville de Longueuil achète et agrandit la marina Ville-Marie. Ce nouveau port de plaisance offre une navette fluviale vers le Vieux-Montréal.
1992 Le Centre d'épuration Rive-Sud est construit sur l'île Charron. Cette usine, qui traite les eaux polluées, est intégrée à son paysage champêtre grâce à l'aménagement d'un vaste étang et la plantation de 3000 arbres et arbustes.
2002 La Ville de Longueuil se fusionne aux villes de Saint-Lambert, Le Moyne, Brossard, Greenfield Park, Boucherville, Saint-Bruno-de-Montarville et Saint-Hubert. Ces anciennes villes forment les arrondissements de la nouvelle grande Ville de Longueuil.
2005 L'Université de Sherbrooke projette la construction d'un complexe à la place Charles-Le Moyne.

 

Saint-Hubert
1971 La Ville de Laflèche est annexée. La Ville de Saint-Hubert couvre un territoire de soixante-huit kilomètres carrés.
1972 L'institut aérotechnique du Québec est aménagé à l'aéroport de Saint-Hubert. Ce secteur est en voie de devenir une zone aéroportuaire d'importance.
1978 L'Institut devient l'école nationale d'aérotechnologie du collège édouard-Montpetit.
1993 Le siège social de l'Agence spatiale canadienne, qui travaille à la promotion de l'exploitation pacifique de l'espace et à la progression des connaissances scientifiques, est construit à proximité de l'aéroport.

 

Reconstitution du secteur en 2005

 

Le réseau des voies

Le tronçon de l'autoroute 30 qui traverse le territoire est complété. Plusieurs nouvelles voies collectrices, aussi nommées des boulevards (Jacques-Cartier, Fernand-Lafontaine, Roberval, Gaétan-Boucher), desservent les ensembles résidentiels qui se trouvent de plus en plus à l'intérieur des terres.

Le découpage parcellaire

En général, les nouvelles parcelles résidentielles sont loties sur les rues curvilignes qui forment des culs-de-sac ou des grappes. Les implantations commerciales, installées à proximité des boulevards et des autoroutes, sont de plus en plus étalées car elles comprennent de très grandes aires de stationnement.

Le cadre bâti

On construit davantage des maisons en rangée et des maisons jumelées. Les projets de développement résidentiel ont une plus forte densité autour de la station de métro Longueuil. Une attention nouvelle est donnée aux bâtiments résidentiels et publics qui ont une certaine valeur patrimoniale.

Les typologies commerciales se diversifient. On construit des magasins de grande surface le long des artères et des centres commerciaux entourés d'aires de stationnement. Plus récemment, on aménage des « Power Centres », qui regroupent plusieurs grandes surfaces autour d'une aire de stationnement commune.

Le paysage

L'urbanisation de la Rive-Sud longe le fleuve Saint-Laurent et avance vers l'intérieur des terres. Un croissant linéaire vert, dans lequel se trouve l'autoroute 30 et la ligne de transport électrique d'Hydro-Québec, délimite encore cette urbanisation, à l'exception d'une petite trame de rues de l'arrondissement de Saint-Hubert.

Le paysage rural cède encore la place aux extensions suburbaines. Celles-ci ont un paysage différent de celui des premières banlieues. Les nouveaux ensembles sont aménagés en fonction d'attraits exclusifs et privés. Ils comportent un parcours de golf par exemple, des pistes cyclables ou un lac artificiel. Les boisés et les rivières situés en milieu urbain sont intégrés aux parcs.

 

Des tours de vingt étages sont construites autour de la station de métro Longueuil dans les années 1970.

Certaines terres agricoles sont encore en friche. Les terres qui ne sont pas en zone agricole sont mises à la disposition de projets immobiliers résidentiels et commerciaux.

Un hommage aux maires qui ont bâti Longueuil depuis… 163 ans

Le 21 mai 2008, la Ville de Longueuil rendait hommage aux maires des villes qui constituent le Longueuil d'aujourd'hui, et ce, depuis 1845 en dévoilant un monument commémoratif, don de l'Université de Sherbrooke.

Pour obtenir la liste des maires avant le regroupement des villes en 2002, vous pouvez aussi consulter la section Histoire de chaque arrondissement.