Cabinet de la mairesse - Budget 2026-2027 du gouvernement du Québec : du soutien ciblé, mais des défis qui persistent pour le monde municipal

La Ville de Longueuil prend acte du budget 2026-2027 du gouvernement du Québec déposé hier par le ministre des Finances, Éric Girard. Si certaines mesures, comme le soutien pour l’adaptation des habitations aux effets des fortes pluies causées par la crise climatique et l’investissement dans les zones d’innovation, dont pourrait bénéficier Longueuil, vont dans le bon sens, la Ville estime qu’il reste beaucoup à faire pour répondre aux défis majeurs que sont l’itinérance ou le déficit de maintien des infrastructures municipales, notamment celles liées à l’eau.

Une réponse ciblée aux effets dommageables des aléas climatiques

Alors que les inondations pluviales sont de plus en plus fréquentes, la Ville de Longueuil salue la mise en place d’un nouveau volet du programme Rénoclimat, d’un montant de 425 M$ sur cinq ans, offrant un soutien direct à la population pour rendre leurs habitations plus résilientes par la protection des fondations ou l’installation de clapets anti-retour. Cette mesure, demandée par la Ville dans son mémoire pré-budgétaire, est centrale aux actions prévues dans la mise en œuvre de sa Stratégie de résilience aux fortes pluies. La Ville attendra la publication des critères d’admissibilité et compte ensuite transmettre l’information rapidement et clairement aux citoyennes et aux citoyens.

Soutien au développement des zones d’innovation

La Ville de Longueuil tient à souligner l’engagement du gouvernement du Québec envers le développement des zones d’innovation grâce à un investissement de 45,8 M$ sur quatre ans, dont pourrait bénéficier Espace Aéro, de laquelle Longueuil constitue l’un des trois pôles, ainsi que 24,5 M$ sur trois ans pour encourager l’adoption de l’intelligence artificielle et de technologies quantiques, un autre appui stratégique pour le secteur aérospatial, particulièrement important pour notre économie locale.

Des mesures pertinentes, mais une ampleur de la crise de l’itinérance qui les dépasse

Bien qu’il s’agisse d’une compétence principalement fédérale et québécoise, l’implication et le leadership de la Ville de Longueuil en matière d’itinérance ne cessent de croître en raison de l’augmentation de ce phénomène et du manque de ressources pour y faire face. La Ville accueille entre autres favorablement le soutien offert par Québec par l’entremise du programme PRISM (Projet de réaffiliation en itinérance et santé mentale) destiné aux citoyens en situation d’itinérance souffrant de troubles mentaux graves ou de dépendance, mais souligne que ces sommes et les autres ajouts annoncés, comme les 1 000 unités de Programme de supplément au loyer (PSL) supplémentaires à la grandeur du Québec, ne permettront pas de renverser la tendance. La solution structurante à l’itinérance passe avant tout par le logement et beaucoup reste à faire à ce chapitre, malgré les avancées.

« Nous comprenons très bien le contexte financier difficile, mais le statu quo relatif ne fait que nous coûter plus cher collectivement. L’accès à un logement abordable, salubre et sécuritaire est le plus grand déterminant de la santé des individus et permet d’éviter les situations de grande vulnérabilité pouvant ultimement mener vers l’itinérance. On doit ainsi mettre les bouchées doubles pour arriver à un objectif structurant comme celui de la Ville de Longueuil, partagé par l’Union des municipalités du Québec (UMQ), d’atteindre un seuil de 20% de logements à but non lucratif au sein du parc immobilier locatif. Qui plus est, la précarité et les besoins croissants des femmes doivent aussi être pris en considération de façon spécifique par le gouvernement. Pour répondre à ces préoccupations de façon plus concrète, nous demandons que les municipalités et les autres parties prenantes soient consultées dans le cadre de la prochaine mouture du Plan d’action interministériel en itinérance », a déclaré Catherine Fournier, mairesse de Longueuil.

Priorité à l’entretien, mais un mur toujours dressé à l’horizon

La Ville de Longueuil salue l’engagement du gouvernement du Québec à prioriser l’entretien des infrastructures existantes, avec 71 % des sommes du PQI allouées à leur maintien. Le rattrapage nécessaire étant colossal, les montants restent toutefois largement insuffisants pour répondre aux besoins des infrastructures municipales, notamment pour combler l’important déficit de maintien des actifs, surtout en ce qui a trait au traitement des eaux usées et la production de l’eau potable.

« Bien que je salue la volonté du gouvernement du Québec d’augmenter la part des investissements consacrés au maintien des infrastructures – se rapprochant ainsi de la position ferme que nous avons adoptée à Longueuil en nous engageant à réparer ce qui existe déjà avant de lancer de nouveaux projets –, la pression liée à leur vieillissement pose une véritable menace sur les finances municipales. Le gouvernement ajuste ses investissements en fonction de sa réalité financière, mais les municipalités font face à des contraintes additionnelles, notamment en raison d’une fiscalité défaillante et de l’explosion des coûts, dont une partie repose sur les normes de plus en plus importantes imposées par Québec et Ottawa. Il est crucial que ces effets soient pris en compte afin d’accompagner les villes dans la réfection de leurs ouvrages essentiels, et ce, en respectant la capacité de payer des contribuables. Rappelons que peu importe le palier de gouvernement, ce sont les mêmes citoyennes et les mêmes citoyens qui doivent se séparer la facture, en définitive », a conclu la mairesse de Longueuil, Catherine Fournier.